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Le couagga de Louis XVI, un drôle de zèbre

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Le couagga de Louis XVI, un drôle de zèbre

Le couagga de Louis XVI, un drôle de zèbre

Le couagga de Louis XVI, naturalisé en 1798, année de sa mort. Le dernier spécimen de cette espèce s’est éteint en 1883.

Depuis le début de l’été, au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), d’étranges visiteurs de deux sortes évoluent dans une des salles de la Grande Galerie de l’évolution. Les premiers, humains, des lunettes de réalité virtuelle sur le nez, partent à la rencontre des seconds, animaux surgis du passé. Ici, une rhytine de Steller, sorte d’immense lamantin de 8 mètres de long massacré au XVIIIe siècle, nage dans les airs comme si l’espace était plein d’eau. Là, un tigre à dents de sabre surgi de la préhistoire se montre indifférent à la foule. Plus loin, un dodo paraît presque surpris de se promener en paix parmi ces Homo sapiens qui l’ont éradiqué.

Pas de hasard si cette nouvelle animation du MNHN, intitulée « Revivre », se tient dans la Galerie des espèces menacées ou disparues : toutes ses vedettes sont désormais éteintes. Lui aussi passé de vie à trépas, le couagga n’a pas besoin de réalité virtuelle pour se rappeler à notre bon souvenir. Il est là, en vitrine, entre l’orang-outang et le condor de Californie – deux espèces menacées –, sur ses quatre sabots, un mètre trente au garrot, ni en chair ni en os puisque seule son enveloppe extérieure subsiste dans ce spécimen taxidermisé.

Drôle de zèbre que ce couagga qui a égaré la moitié de ses fines rayures, absentes de son arrière-train, et arbore à la place une robe brune. « C’était une population d’équidés sud-africains, assez importante avant l’arrivée des colons européens, raconte Jacques Cuisin, délégué à la conservation et la restauration au Muséum. On l’a un peu chassé pour sa chair et sa peau mais ce n’est pas la raison dominante de sa disparition : dans les grandes plaines herbeuses où il se nourrissait, il faisait de la concurrence au bétail. On va l’accuser de consommer les ressources et offrir des primes pour sa destruction. » Peu farouche, il fait une proie facile. Le dernier spécimen meurt dans un zoo d’Amsterdam en 1883.

Celui qui trône à Paris a une histoire prestigieuse. Il ne s’agit de rien de moins que du « couagga de Louis XVI », selon la description du Muséum. Cadeau fait au monarque par un capitaine de vaisseau de la Compagnie française des Indes orientales, il débarque en 1784 à la Ménagerie royale de Versailles.

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