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Le hérisson, usine à bactéries résistantes aux antibiotiques

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Le hérisson, usine à bactéries résistantes aux antibiotiques

Le hérisson, usine à bactéries résistantes aux antibiotiques

Hérisson d'Europe (Erinaceus europaeus) femelle transportant un jeune vers un nouvel abri, Leersum, Utrecht, Pays-Bas

Dans la pandémie de Covid-19 qui nous frappe depuis maintenant deux ans, la chauve-souris a connu son heure de gloire. Peu de gens ignorent dorénavant le talent des chiroptères à vivre avec les virus ni notre capacité à venir piocher dans ce réservoir. Les mammifères volants n’y sont pour rien : nous payons notre propre soif de conquête et notre incapacité à laisser leur juste place aux autres animaux.

La résistance aux antibiotiques est une autre histoire d’avidité, celle d’un usage inconsidéré de nos plus belles inventions jusqu’à les condamner à l’impuissance. A force de se bourrer de ces médicaments, d’en abreuver nos enfants et notre bétail, nous avons poussé les bactéries à trouver des défenses. Une histoire d’humains et d’animaux d’élevage, donc. Mais il va falloir s’y faire : nous n’avons rien inventé tout à fait seuls, même nos plus grands péchés.

Une équipe internationale coordonnée par l’université de Cambridge vient en effet de montrer que certains staphylocoques dorés résistants aux méticillines étaient déjà présents, il y a deux siècles, sur le derme des hérissons, autrement dit bien avant l’invention des antibiotiques, au milieu du XXe siècle. Ces résultats ont été publiés mercredi 5 janvier dans la revue Nature.

Cette découverte trouve son origine dans un premier constat, réalisé par des vétérinaires suédois et danois : ils se sont aperçus que 60 % des hérissons scandinaves portaient des staphylocoques résistants. « Nous avons voulu comprendre pourquoi », dit simplement Mark Holmes, coordonnateur de l’équipe. Une collaboration internationale a permis d’échantillonner différentes régions, en Europe mais aussi aux antipodes, comme en Nouvelle-Zélande. Et dans la plupart des pays étudiés – la France est une des exceptions – ces superbugs, classés dans les dix pires menaces sanitaires par l’OMS, ont été retrouvés en grande quantité.

« Un processus biologique normal »

En étudiant les différentes souches, les scientifiques ont dressé leur arbre phylogénétique et établi que cette résistance remontait au début du XIXe siècle. L’équipe a également montré qu’un champignon baptisé Trichophyton erinacei, bien connu pour vivre sous les piquants de ces chères bestioles, produisait naturellement des antibiotiques de la famille des méticillines, cette classe de molécules qui a succédé à la pénicilline lorsque celle-ci a rencontré ses premières résistances. Comme cette forêt hérissée se trouve être également le terrain de jeu des Staphilococcus aureus, ces derniers ont acquis les défenses leur permettant de cohabiter.

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