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Le Mexique dénonce le « pillage » de son patrimoine après une vente à Paris

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Le Mexique dénonce le « pillage » de son patrimoine après une vente à Paris

Le Mexique dénonce le « pillage » de son patrimoine après une vente à Paris

Capture d’écran du fil twitter du secrétériat de la culture du gouvernement mexicain.

La mobilisation de cinq pays latino-américains n’a pas suffi. Mercredi 10 novembre à Paris, 139 pièces d’art précolombien et taïno ont été mises en vente par la maison Christie’s. La veille, le communiqué commun des ambassades de Colombie, du Guatemala, du Honduras, du Mexique et du Pérou réclamait pourtant l’annulation de l’événement, dénonçant le « commerce illégal » de leur patrimoine historique. Un combat culturel limité par la législation française qui renvoie à la bonne volonté des collectionneurs.

« Ce genre de transaction encourage le pillage, le trafic illicite et le blanchiment des biens perpétrés par la délinquance organisée », fustige le communiqué des cinq ambassades à Paris. Les enchères se sont déroulées dans les très chics salons de Christie’s, situés avenue Matignon, rapportant plus de 3 millions d’euros. Le clou de la vente était une hache maya de 34 cm, réalisée entre 550 et 950 au Mexique, représentant un homme contorsionné avec un serpent dans les bras. La pièce en roche métamorphique a été acquise pour 692 000 euros, soit trois fois son estimation initiale. 71 autres pièces mexicaines ont été mises aux enchères mercredi.

« Le patrimoine culturel n’est pas un objet commercial », déclarait au Monde la ministre de la culture mexicaine Depuis octobre, son gouvernement réclamait l’annulation de la vente. « Nous exigeons la restitution des pièces. Leur place est dans un musée car elles représentent l’identité de nos civilisations anciennes, dont certaines sont encore bien vivantes aujourd’hui. » Le Mexique compte 68 peuples indigènes, qui représentent environ 10 % de ses 126 millions d’habitants.

Casse-tête légal

« Ces ventes sont illégales », dénonce Alejandra Frausto, qui rappelle qu’une loi fédérale, votée en 1972, protège les pièces trouvées dans les zones archéologiques du Mexique. La ministre a adressé, en octobre et novembre, deux lettres à Christie’s. « Ils m’ont répondu que la vente respecte la loi française qui reconnaît comme propriétaire celui qui possède le bien, favorisant le droit à la propriété au détriment de la protection du patrimoine culturel étranger », regrette-t-elle. En conséquence, c’est au justiciable de prouver le caractère illicite des pièces vendues. « Or, c’est très difficile, avec le trafic illégal, d’identifier le moment de leur sortie du territoire mexicain. Sans compter que de nombreux collectionneurs ont acquis des œuvres avant notre loi de 1972. »

Un casse-tête légal auquel s’est confronté Mexico à maintes reprises. Sa levée de boucliers, en 2019, contre deux ventes organisées par Millon et Sotheby’s s’était aussi soldée par des échecs. Depuis, les déconvenues se multiplient. Paris et Mexico ont pourtant signé, le 1er juillet, une « déclaration d’intention pour le renforcement de la coopération contre le trafic illicite de biens culturels ». Et Alejandra Frausto d’expliquer : « La déclaration qui renforce la vigilance des deux pays va dans le bon sens. Mais la démarche ne porte pas sur les pièces acquises dans le passé. »

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