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Le pénible marathon des patients atteints d’un Covid long

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Le pénible marathon des patients atteints d’un Covid long

Le pénible marathon des patients atteints d’un Covid long

La professeure Dominique Salmon-Ceron, infectiologue à l’Hôtel-Dieu, ausculte une patiente, à Paris, le 6 septembre 2021.

Plus d’un an et demi après le début de la pandémie, le Covid long reste un mystère. Pourtant habitués à observer des symptômes post-infectieux, les médecins avaient été déroutés par l’arrivée, à partir de mai 2020, de nombreux patients présentant toujours un vaste tableau clinique plusieurs semaines après avoir été infectés par le SARS-CoV-2 : fatigue, dyspnée, douleurs, anosmie, agueusie…

Si les spécialistes y voient un peu plus clair sur les contours du Covid long et constatent que « la grande majorité des patients s’améliorent, de nombreux points restent en suspens », indique la professeure Dominique Salmon-Ceron, infectiologue à l’Hôtel-Dieu (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, AP-HP). Elle a mis en place l’une des premières consultations consacrées au post-Covid-19, dès mai 2020 – rompant ainsi avec la position de certains médecins estimant qu’il s’agit de manifestations psychosomatiques. Des patients dénoncent d’ailleurs encore le fait de ne pas être toujours pris au sérieux par le corps médical.

Après avoir assisté à des consultations en mars, retour à l’Hôtel-Dieu, début septembre, pour apprécier l’évolution des patients – dont le parcours ressemble pour certains à un marathon.

Un médecin dans le couloir de l’Hôtel-Dieu, à Paris, le 6 septembre 2021.

Ainsi Salomé, venue ce jour-là en consultation, se plaint d’une sorte de « brouillard cérébral », dix mois après avoir contracté le Covid-19, qui s’était alors traduit par de la fatigue, des céphalées, de l’anosmie et une agueusie, une gêne respiratoire. Un TEP-scan, un examen d’imagerie fonctionnelle qui mesure la consommation de glucose au niveau cérébral, a montré un hypométabolisme modéré au niveau du tronc cérébral, de l’hippocampe, du cervelet et du bulbe olfactif.

Pour cette étudiante de 21 ans, en troisième année de psychomotricité, « la fatigue est moins présente, mais elle reste soutenue ». Salomé a toutefois poursuivi ses cours. L’agueusie persiste, même si l’olfaction est un peu revenue. Cet été, après un mois de juin consacré à ses examens, elle a parfois dormi jusqu’à quinze heures d’affilée. Si la kiné respiratoire l’a beaucoup aidée – elle a repris la course à pied –, elle ressent toujours cette « oppression thoracique » et se sent essoufflée en montant trois étages.

Majoritairement des femmes

Combien de personnes infectées sont-elles dans le même cas ? Difficile de connaître la prévalence exacte du Covid long. « Pour y répondre, il faudrait des études de grande ampleur faites parmi les personnes symptomatiques et asymptomatiques en population générale, indique Dominique Salmon-Ceron. Des études montrent qu’environ 25 % à 30 % des patients gardent encore des symptômes un à deux mois après le diagnostic initial et 10 % à 15 % après six à huit mois. »

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