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Le processeur russe souverain est toujours trop mauvais pour remplacer les puces d’Intel et AMD

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Le processeur russe souverain est toujours trop mauvais pour remplacer les puces d’Intel et AMD

Le processeur russe souverain est toujours trop mauvais pour remplacer les puces d’Intel et AMD

La montée des tensions entre les Etats-Unis et la Russie – notamment du fait de l’annexion de la Crimée en 2014 –, ainsi que les manœuvres de l’ex-président américain Donald Trump contre le chinois Huawei, relancent la dynamique de développement de technologies souveraines. Notamment dans le domaine des semi-conducteurs, un pan de l’économie dont l’intérêt stratégique a été mis en lumière à cause de la pénurie de puces qui a frappé l’ensemble de la planète.

Alors quand les résultats des tests « terrain » de la puce Elbrus 8C par une banque russe sont publiés, les regards se tournent vers Moscou pour savoir si la Russie a rattrapé une partie de son retard en matière de computing.

Et sans surprise, la réponse est « non ». Évalué dans le cadre de transactions financières par SberTech, la branche technologique de la plus grosse banque de Russie, la Sber Bank, l’Elbrus-8C a été jugé inapte au service. Configuré en système double et quadruple processeur, il a été comparé à une plate-forme embarquant deux Xeon Gold 6230 d’Intel.

Et le pauvre processeur russe a pris une belle raclée.

Lire aussi : La Russie vient de dévoiler son futur processeur, l’Elbrus-16S

Il faut dire que dès la lecture des spécifications, les deux puces ne sont pas égales. Quand le Xeon Gold 6230 (Cascade Lake-SP) actuellement utilisé par SberBank est une puce gravée en 14 nm embarquant 20 cœurs/40 threads oscillants entre 2,1 et 3,9 GHz, l’Elbrus-8C est produit avec un procédé de fabrication bien plus grossier (28 nm) et n’embarque que  huit cœurs (pas d’hyperthreading) cadencés à 1,3 GHz.

L’évaluation des performances a de quoi faire peur. Le processeur est entre 2,62 à 3,15 fois plus lent dans un benchmark important (SPEC CPU 2017), et  1,7 à 3,3 fois plus lent à la manipulation de base de données (test PGbench/PostreSQL). Enfin, pour couronner le tout, il s’avère catastrophique avec Java puisqu’il est 23 à 26 fois plus lent que la puce d’Intel…

Lire aussi : AMD dévoile des CPU et GPU impressionnants pour devenir un champion des centres de données

À cela s’ajoute une conception loin de la finition des systèmes Intel/AMD : l’absence d’administration à distance, une grande difficulté à être retiré des racks serveur pour la maintenance, etc.
Des « finitions » qui ne sont pas des options, mais bien des prérequis dans les systèmes informatisés des banques. Ce qui « permet » à l’Elbrus d’échouer à 84% des tests de la procédure d’évaluation de fonctionnement de la banque…. Banque qu’on ne peut ici pas accuser de patriotisme mal placé, puisque la puce a été jugée inapte au service.

Largement surclassé, mais moins nul qu’attendu

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Si la Russie n’a pas encore sa puce de calcul intensif souveraine, la réalité est que le milieu des affaires n’en attendait vraiment rien. Ainsi, un porte-parole de SberTech a affirmé que « l’une des surprises du serveur sous Elbrus-8C était qu’il s’agissait d’un vrai produit. Nous avons testé un vrai serveur, un vrai produit qui a ses inconvénients – beaucoup d’inconvénients –, mais nous avons pu travailler avec ».

La remarque positive cache tout de même le fait que même un acteur russe n’attendait rien de cette puce, et s’est retrouvé surpris de ne pas avoir une brouette en phase alpha, mais bien un système fonctionnel à même d’effectuer de vrais calculs.

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De là dire que la puce a le potentiel de bousculer le monde x86 et ARM, il n’y a qu’un pas que nous ne pouvons faire. Comme le soulignent nos confrères de Tom’s Hardware US qui ont publié un article très complet à propos de cette puce, les cycles de développement de l’entreprise sont lents et ne pourront pas suivre la course effrénée que se livrent notamment Intel et AMD dans le computing.

Si on peut tout à fait imaginer des postes clients sous puces russes, il faudra du temps – ou même un miracle – pour que la Russie profite de ses propres processeurs à même de satisfaire ses besoins en calcul intensif.

Source : Tom’s Hardware US

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