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Le tir antisatellite russe ravive le spectre de la guerre spatiale

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Le tir antisatellite russe ravive le spectre de la guerre spatiale

Le tir antisatellite russe ravive le spectre de la guerre spatiale

Le navire d’équipage Soyouz MS-18 et le cargo ISS Progress 77 amarrés à la Station internationale, le 3 mai 2021.

Après le tir par Moscou, lundi 15 novembre, d’un missile contre l’un de ses vieux satellites qui n’était plus opérationnel, les interrogations demeurent sur les véritables motivations de la Russie. Pourquoi a-t-elle pris le risque d’un tel tir alors qu’elle avait elle-même deux cosmonautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS) et que les débris provoqués par cette manœuvre pouvaient potentiellement les exposer ? S’agissait-il d’une pure démonstration de puissance opportuniste dans un contexte de regain de la compétition stratégique ?

Dès le lendemain de la confirmation de ce tir par les autorités russes qui se sont félicitées du « succès » de leur opération, les réactions internationales ont été unanimes pour dénoncer cette opération. « La sûreté et la sécurité de tous les acteurs qui cherchent à explorer et à utiliser l’espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques ont été imprudemment mises en danger », a notamment critiqué le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken. C’est « un acte irresponsable », a, de son côté, déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. A Paris, la ministre des armées, Florence Parly, a, elle, qualifié les Russes de « saccageurs de l’espace » tandis que le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a condamné « une action déstabilisatrice ».

Selon un certain nombre d’observateurs, ce tir était toutefois en partie prévisible. « Ce n’était pas une erreur », a confirmé au Monde le porte-parole du ministère des armées, Hervé Grandjean, mardi 16 novembre. « Nous savions que la Russie avait déjà procédé à une dizaine de tentatives de ce type de tir. Cet essai n’est donc pas une surprise stratégique pour la France », a-t-il assuré. Les Etats-Unis, dont la supériorité est incontestée à ce jour dans l’espace, ont été les premiers à attribuer, dans la nuit de lundi à mardi, ce tir à la Russie, avant-même sa confirmation officielle par Moscou.

Un champ de conflictualité comme un autre

Concernant le sous-texte géopolitique d’un tel tir, les sources françaises sont beaucoup plus prudentes. Aucune association n’a été faite, par exemple, avec les tensions actuelles à la frontière ukrainienne et en Biélorussie. Dans un domaine par nature extrêmement confidentiel où tout est classifié, l’analyse publique se borne à regretter un geste d’opportunité qui serait destiné, pour la Russie, à démontrer ses capacités spatiales. Analyse en partie confirmée par Moscou qui est allé jusqu’à considérer les accusations de Washington comme « hypocrites » estimant que les débris engendrés ne représentaient « aucune menace » pour « l’activité spatiale ».

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