Connect with us

L’éclairante longévité de la perche des mers

irKz6F

Sciences

L’éclairante longévité de la perche des mers

L’éclairante longévité de la perche des mers

« Sebastes nebulosus » peut vivre jusqu’à 79 ans. Ici photographié au large de Vancouver, au Canada.

Zoologie. Longtemps, les poissonniers l’ont fait passer pour une dorade. Ou un « églefin norvégien ». Mais depuis que la législation s’est durcie, la grande famille des sébastes, obligée de se contenter du terme peu vendeur de « perche des mers », a quelque peu quitté nos assiettes. Sur le continent américain, en revanche, la chair du « rockfish », au goût réputé proche de celle du homard, fait toujours le bonheur des cuisiniers.

A l’université de Californie à Berkeley, on savoure surtout ses gènes. Le laboratoire de biologie intégrative de Peter Sudmant a même fait de cette armada d’espèces un nouveau modèle d’étude de la longévité. « J’ai toujours été fasciné par la diversité des durées de vie, raconte le biologiste. Rien que parmi les vertébrés, ça varie d’un facteur 3000. Quand j’ai découvert que parmi les 137 espèces de sébastes, la longévité allait de 11 ans à plus de 200 ans, j’ai été stupéfait. Si proches génétiquement et pourtant si différentes en durée de vie. » Son équipe s’est donc lancée dans une étude comparative de leurs différents génomes. L’article qu’elle a publié, jeudi 11 novembre, dans la revue Science, dévoile une partie du mystère et ouvre des pistes prometteuses pour l’espèce humaine.

Les chercheurs ont profité de la richesse des mers américaines. Du très coloré et vibrionnant sébaste calicot (Sebastes dallii), peinant à franchir la barre des 10 ans dans les eaux californiennes, à l’inusable Sebastes aleutianus, dont le doyen a été pêché en Alaska à l’âge de 205 ans, ils ont séquencé en cascade. Pas moins de 88 espèces ont été passées au crible. Leurs différences génomiques ont ensuite été croisées avec leur longévité respective. 137 gènes sont alors sortis du panier.

Gènes responsables

Mais tous agissaient-ils directement sur la durée de vie ? « Dans l’arbre de la vie, on sait que les gros animaux, comme les éléphants, vivent plus longtemps que les petits, comme les souris, rappelle le chercheur. De même, les métabolismes lents, des milieux froids, vivent plus longtemps. » Son équipe a donc isolé les gènes responsables de la taille ou de l’adaptation aux profondeurs extrêmes et a découvert que ces deux facteurs expliquaient à eux seuls 59 % de la longévité.

C’est là que les choses les plus sérieuses ont commencé, à savoir déterminer le rôle des gènes restant. Au terme d’une analyse détaillée, le laboratoire de Berkeley a dégagé trois fonctions : la réparation de l’ADN, la régulation de l’insuline et la modulation de l’immunité. Eviter le cancer, protéger le métabolisme, chasser les infections tout en évitant les excès inflammatoires… Des modes d’action déjà repérés chez d’autres espèces particulièrement résistantes comme les chauves-souris. Ou les humains.

Il vous reste 29.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Continue Reading
You may also like...
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

More in Sciences

To Top
Recherche.fr