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Les femelles condors de Californie peuvent se reproduire sans mâle

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Les femelles condors de Californie peuvent se reproduire sans mâle

Les femelles condors de Californie peuvent se reproduire sans mâle

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Les condors de Californie (Gymnogyps californianus) font l’objet d’une étroite surveillance. En effet, cette espèce en danger critique d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature comptait en 2019 seulement 525 spécimens dont 219 en captivité. C’est donc avec une grande surprise que des biologistes américains ont découvert que ces oiseaux, observés depuis des années sous toutes les coutures, sont capables de produire de nouveaux individus par parthénogenèse, une forme de reproduction asexuée.

Deux condors nés uniquement grâce à leur mère

La parthénogenèse dite facultative concerne les femelles qui se reproduisent généralement sexuellement. Elle est connue chez certaines espèces animales notamment les reptiles, les poissons mais aussi certains oiseaux. Mais chez ces derniers, ce mode de reproduction reste rare. Il a été documenté chez des Colombidés, des Gallinacés et des Passereaux. Globalement, chez les oiseaux, l’observation de la parthénogenèse s’est limitée principalement à des dindes domestiques et à des poulets, tous isolés des mâles. Des travaux ont même montré que les dindons parthénotes (nom donné aux embryons issus de cette reproduction particulière) pouvaient être des mâles fertiles. Les cas de parthénogenèse aviaire s’arrêtaient alors à ces quelques exemples. Mais dans une étude publiée le 28 octobre 2021 dans la revue Journal of Heredity, une équipe de recherche menée par le zoo de San Diego (Etats-Unis) a rapporté le cas de deux condors de Californie nés grâce à ce mode de reproduction et issus de mères différentes. Elles côtoyaient pourtant toutes les deux des mâles fertiles.

Un suivi sur plus de 30 ans

En 1982, les condors de Californie n’étaient plus que 22. Mais un programme de reproduction en captivité débouchant sur des réintroductions dans la nature a permis d’augmenter progressivement le nombre de ces oiseaux. « Au fur et à mesure que la population de condors de Californie augmentait, les recommandations de reproduction incorporaient des estimations moléculaires de la parenté des oiseaux fondateurs, évitaient l’accouplement de parents connus et conservaient la variation génétique grâce à l’accouplement d’individus ayant une parenté moyenne faible« , expliquent les auteurs de cette nouvelle étude. L’objectif étant de surveiller la consanguinité – qui aurait pu affaiblir cette population grandissante – en analysant des échantillons contenant de l’ADN (plumes, coquilles d’œufs, sang, tissus d’oiseaux décédés) et provenant de plus de 900 condors lors d’un suivi sur plus de 30 ans.

Mais les chercheurs ont trouvé autre chose : le profil génétique de deux oiseaux ne correspondait pas à celui de leur père présumé. Ils ne possédaient que les allèles de leur mère révélant ainsi leur naissance par parthénogenèse. « Dans le cas des parthénotes de condor de Californie, des contributions génétiques exclusivement maternelles ont été découvertes » grâce aux analyses génétiques de routine. Ces deux spécimens étaient des mâles (avec des chromosomes sexuels ZZ, contrairement aux femelles dont les chromosomes sexuels sont ZW), « ce qui est attendu sous parthénogenèse facultative« . L’un des spécimens, nommé SB260, est mort avant sa deuxième année alors qu’il avait été relâché dans la nature. « La mort a été attribuée à un mauvais état corporel dû à une mauvaise intégration avec les oiseaux sauvages et à une consommation alimentaire insuffisante« , relate l’étude. L’autre, SB517, a vécu près de 8 ans mais n’a jamais été relâché. C’était un oiseau petit, particulièrement soumis et avec des comportements sexuels très limités. Il « avait également une scoliose, qui avait été notée avant la mort, et qui expliquait probablement sa démarche anormale« . Les deux oiseaux avaient donc une santé particulièrement fragile que les scientifiques ne peuvent, pour le moment, pas attribuer clairement à leur particularité génétique.

Une parthénogenèse alors que les femelles côtoyaient des mâles fertiles

Le comportement des deux mères restent un mystère pour les chercheurs. En effet, « contrairement aux autres exemples de parthénogenèse aviaire, l’absence d’un mâle convenable n’explique pas les deux occurrences de développement parthénogénétique chez les condors de Californie que nous avons identifiées« , rapportent-ils. Les deux mères ont été hébergées durant plusieurs années avec chacune un mâle avec lequel elles s’étaient déjà accouplées et avaient eu des petits. « Nous pensons que nos résultats représentent le premier exemple de parthénogenèse aviaire facultative qui n’implique pas de ségrégation des sexes« , poursuivent les auteurs de l’étude.

Comment a fonctionné la parthénogenèse dans ce cas ? Les biologistes évoquent l’automixie : la cellule œuf est issue de la fusion de deux cellules haploïdes (ne contenant qu’un seul jeu de chromosomes) provenant de la mère. Quoiqu’il en soit, la possibilité pour cette espèce d’avoir recours à la parthénogenèse a de réelles implications pour son suivi. Certes, ce mode de reproduction peut permettre à cette population de s’étendre mais elle a sûrement aussi des implications qu’il reste à définir pour sa diversité génétique. 

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