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Les modèles de l’océan ne prenaient pas en compte ses profondeurs

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Les modèles de l’océan ne prenaient pas en compte ses profondeurs

Les modèles de l’océan ne prenaient pas en compte ses profondeurs

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Les océans se réchaufferaient à retardement. C’est la nouvelle hypothèse de deux chercheurs américains, qui ont pris en compte les profondeurs des eaux.

Durant la majeure partie du XXe siècle, les températures de l’océan auraient été stables, malgré les premiers effets du réchauffement climatique. À partir des années 1990, cette gigantesque masse d’eau aurait commencé à se réchauffer. C’est en tout cas l’hypothèse émise par deux chercheurs américains, Aaron Bagnell et Timothy DeVries, et publiée dans Nature Communications.

« Il n’y a pas eu de début de déséquilibre avant 1990 environ, ce qui est plus tardif que la plupart des estimations », commente Timothy DeVries, spécialiste du système Terre et particulièrement de ses océans. « Les études antérieures n’ont pas pris en compte l’océan profond », renchérit Aaron Bagnell, lui-même captivé par les sciences océaniques et auteur principal de l’article. Cela tiendrait principalement à la difficulté d’obtenir des mesures au-dessous de 2.000 mètres de profondeur.

Les deux scientifiques, grâce à un réseau de neurones artificiels et à des méthodes d’apprentissage automatique, ont pu produire une « estimation cohérente du changement du contenu thermique des océans de haut en bas pour 1946 à 2019 ». Résultat ? Le réchauffement serait retardé de plusieurs décennies par rapport aux précédents modèles.

« Le décalage se rattrape »

Cet effet à retardement aurait deux explications, selon eux. Au cours du XXe siècle, la pollution par les aérosols aurait pu contrecarrer le réchauffement dû aux gaz à effet de serre, car ils sont responsables d’un refroidissement climatique. La deuxième possibilité est que l’océan subirait, encore aujourd’hui, des événements climatiques lointains. « Cela peut prendre des siècles pour que les signaux climatiques se propagent de la surface à l’intérieur », souligne Timothy DeVries.

Actuellement, ce sont les océans Atlantique et Austral qui supportent la plus grande partie du réchauffement climatique, suivis par les océans Pacifique et Indien. D’après Aaron Bagnell, « le décalage se rattrape et l’océan se réchauffe plus fortement maintenant ». Si leur hypothèse se révèle exacte, elle pourrait avoir des implications significatives sur l’avenir des océans. Mais les auteurs rappellent que « de grandes incertitudes demeurent ».

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