Connect with us

Les surprises de trois papyrus égyptiens

fj4Xhr

Sciences

Les surprises de trois papyrus égyptiens

Les surprises de trois papyrus égyptiens

Ce papyrus est un « cahier d’exercice » d’étudiants scribes, en écriture hiératique.

Il y a toute une ville sous le musée du Louvre. Une ville souterraine, invisible, silencieuse. Un dédale de longs couloirs, d’escaliers, de grandes salles pleines d’armoires désormais vides car les réserves ont été déménagées. C’est dans une de ces vastes pièces que l’on restaure depuis plus de trois mois un petit ensemble assez exceptionnel de papyrus égyptiens, lesquels ont réservé nombre de surprises.

On les appelle « papyrus Reverseaux », du nom du comte Denis Jacques Léopold Guéau de Reverseaux (1788-1852), capitaine de la marine royale française sous la Restauration, qui en fit probablement l’acquisition en Egypte en 1823. « Cela nous ramène à la période faste de l’égyptologie, souligne Vincent Rondot, directeur du département des antiquités égyptiennes au Louvre. 1823, c’est juste un an après que Champollion a décrypté les hiéroglyphes. On renoue directement avec cette époque ancienne du marché de l’art et son parfum romanesque. »

Même si l’on ignore où, quand et par qui les documents ont été découverts, il est probable qu’ils proviennent d’une tombe, le climat chaud et sec de l’Egypte permettant la conservation des matériaux végétaux. « On connaît des cas de bibliothèque privée ensevelie avec le mort, précise Christophe Barbotin, conservateur au Louvre et spécialiste des sources écrites de l’époque pharaonique. Le lettré partait avec ses rouleaux pour pouvoir bouquiner dans l’autre monde… »

Les deux « papyrus Reverseaux » ont traversé les générations et, près de deux siècles après être arrivés entre les mains du comte, ils ont été mis en vente par ses lointains héritiers. Fin 2019, Le Louvre s’est porté acquéreur du lot. Les documents s’avèrent très différents. Le premier, rédigé dans une belle écriture hiéroglyphique cursive – c’est-à-dire simplifiée, ce qui signifie que tous les détails des signes ne sont pas représentés –, est « un extrait du Livre des morts, explique Christophe Barbotin. Il s’agit d’un recueil de formules pour assurer au mort de survivre dans l’autre monde, continuer à manger et à boire… et à ne pas travailler ».

Malgré la jolie facture de ce document, dont le texte est bien connu des spécialistes, l’intérêt et la curiosité des égyptologues du Louvre se focalisaient avant tout sur le second papyrus. D’abord parce qu’il était encore roulé sur lui-même. « Ce genre de document ne se trouve plus sur le marché de l’art, assure Christophe Barbotin. C’était une surprise magnifique. Je ne pensais pas que, dans ma carrière, je verrais cela un jour. »

Il vous reste 62.89% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Continue Reading
You may also like...
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

More in Sciences

To Top
Recherche.fr