Connect with us

« L’Odyssée sensorielle » : une exposition immersive au cœur du vivant

a2UZkK

Sciences

« L’Odyssée sensorielle » : une exposition immersive au cœur du vivant

« L’Odyssée sensorielle » : une exposition immersive au cœur du vivant

Représentation de l’alvéole « Décollage avec les oiseaux nomades », exposition « L’Odyssée sensorielle », au Muséum d’histoire naturelle, à Paris.

C’est un conseil écrit à l’entrée de l’exposition, que l’on prend pour un ordre : « Oubliez, l’espace d’un instant, votre téléphone et sa caméra. » Conçue en partenariat avec le studio Sensory Odyssey et fruit d’un travail de six années, « L’Odyssée sensorielle », qui a ouvert ses portes au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), à Paris, se veut une immersion dans différents écosystèmes. Et l’on n’a aucune chance de se fondre dans la nature en la scrutant à travers un écran de smartphone. Bruno David, le président du MNHN, revendique « un nouveau type d’exposition » : « Ce n’est pas de la réalité virtuelle, il s’agit d’images réelles qui ont été filmées dans le vrai monde et validées par les scientifiques du Muséum. C’est un voyage qui va emmener les visiteurs des tropiques vers le pôle, les plonger dans un univers d’images, de sons et d’odeurs. »

« Immersion », « plongée »… Le visiteur commence par descendre, physiquement, au sous-sol de la Grande Galerie de l’évolution, dans un lieu bardé de tentures, obscur, coupé de la ville trépidante du dessus. On se retrouve au bord du lac Magadi, au Kenya, près de centaines de flamants roses, à patauger et à s’envoler avec eux. Puis, dans la « capsule » suivante, vient la nuit. Toujours en Afrique, un point d’eau, la Lune se reflète à vos pieds. « Vous êtes un herbivore en train d’essayer de boire, explique Bruno David, et ce n’est pas très confortable… » Cela sent le fauve, réellement. On entend gronder un félin menaçant dans la pénombre, des chants d’oiseaux nocturnes, des déboulés d’animaux non identifiés, des cris stridents de babouins, le fracas du tonnerre et… une sourde inquiétude.

Une lionne aux abords d’un étang de la savane, au sud du Kenya, à l’exposition « L’Odyssée sensorielle », Muséum d’histoire naturelle, à Paris.

Un sens inconnu de nous

On ne décrira pas par le menu les huit salles, les huit mondes où l’on passe. Pas de cartel, pas d’explication, à la différence de ce que l’on trouve à foison quelques mètres plus haut, dans la Grande Galerie. « L’Odyssée sensorielle » est une expérience qui nous met à hauteur d’animal ou de végétal, comme cette descente vertigineuse depuis la canopée d’une forêt guyanaise ou comme cette découverte d’un sens inconnu de nous, l’écholocalisation des chauves-souris qui, grâce à leur sonar interne, toujours volettent autour de vous mais jamais ne vous heurtent.

Odeurs d’humus, de champignon, de truffe et vous voici sous terre, dans un monde de racines, de vers et de fouisseurs. Des parfums floraux et c’est une prairie pleine d’insectes vus en macrophotographie, où l’on perd ses repères de taille, où le pollen tombe en pluie, où une libellule vous scrute du haut de ses deux mètres. On passe des animaux les plus petits aux plus grands à l’occasion d’une valse avec des cachalots. Comme on est tout de même au Muséum, un espace de décryptage est proposé à la toute fin de la visite, mais on y transite comme enveloppé d’un semi-rêve, en se disant, les yeux perdus dans le vague, que la Terre est belle encore, mais pour combien de temps ?

Il vous reste 4.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Continue Reading
You may also like...
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

More in Sciences

To Top
Recherche.fr