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« Mémoire de glace », une exposition archéologique venue du froid

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« Mémoire de glace », une exposition archéologique venue du froid

« Mémoire de glace », une exposition archéologique venue du froid

L’Exposition. Comme une mer qui se retire, abandonnant sur l’estran quantité de débris, la fonte des glaciers met au jour un grand nombre d’artefacts et de restes humains, dont certains du plus grand intérêt, comme la fameuse momie d’Otzi, parfaitement conservée après un séjour de 5 000 ans dans des glaces qu’on croyait éternelles, donnant naissance à une nouvelle discipline, l’archéologie glaciaire.

Prélèvement d’ossements de mulets sur le glacier du Théodule à Zermatt (Suisse).

Pour son 40e anniversaire, le Musée de préhistoire d’Ile-de-France, à Nemours (Seine-et-Marne), accueille jusqu’au 5 décembre l’exposition « Mémoire de glace », riche de 150 objets libérés par la hausse des températures. La plupart d’entre eux, prêtés par le Musée d’histoire du Valais, à Sion (Suisse), y ont déjà fait l’objet d’une exposition reprise par le musée seine-et-marnais, qui l’a enrichie avec des objets découverts de ce côté-ci des Alpes.

A côté d’outils préhistoriques en cristal de roche, de pièces de monnaies romaines, d’objets usuels comme une épingle de l’âge du bronze ancien (2000-1700 av. J.-C.) ou une cuillère en bois de la fin du XVIIe siècle, quatre vitrines sont particulièrement émouvantes car elles nous présentent des restes d’équipements de personnes ayant péri dans des circonstances tragiques. Chacune, à sa manière, nous raconte une histoire ou plutôt nous permet d’imaginer un possible scénario.

Vestiges du squelette et de l’équipement du voyageur dit le « Mercenaire », début du XVIIe siècle.

C’est, d’abord, un chasseur du néolithique (2900-2600 av. J.-C.), découvert au Schnidejoch, un col des Alpes bernoises, et baptisé « Schnidi », en référence à l’incontournable Otzi, qui nous a laissé notamment un carquois en écorce de bouleau mais dont l’absence de tout reste momifié l’a confiné dans un relatif anonymat. D’un voyageur, improprement appelé « le Mercenaire », victime d’une chute dans une crevasse du glacier du Théodule (Suisse) vers 1600, il nous reste de rares témoins de la vie quotidienne d’alors comme un rasoir pliable et une paire de chaussures ainsi qu’un pistolet, une dague et une épée. Autre victime d’une probable chute dans une crevasse, la bergère de Porchabelle, une jeune femme qui vivait à la fin du XVIe siècle, retrouvée dans le glacier éponyme, avec pour témoin du drame un chapeau de feutre, des chaussures et un peigne édenté. Enfin, plus près de nous, les époux Dumoulin, surpris par une tempête de neige, en 1942, alors qu’ils avaient laissé leurs sept enfants en bas âge chez eux, nous ont notamment légué leurs chaussures. Tous ces souvenirs nous apprennent que les Alpes n’ont jamais constitué un obstacle insurmontable pour la circulation des hommes et des marchandises.

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