Connect with us

Moins de riz et plus de patates dans les assiettes chinoises

P3M7La

Sciences

Moins de riz et plus de patates dans les assiettes chinoises

Moins de riz et plus de patates dans les assiettes chinoises

P3M7La

La Chine va devoir délaisser un peu plus le riz, le maïs et le blé, bases de son alimentation, au profit de la pomme de terre. Une conversion nécessaire pour assurer sa sécurité alimentaire et une agriculture plus durable dans le contexte du dérèglement climatique, affirme une étude d’experts de l’université de Nanjing parue dans la revue Nature Food.

En effet, si le pays ne fait pas évoluer ses pratiques agricoles, son développement actuel impliquera que d’ici 2030 les cultures libèreront 20 % de gaz à effet de serre en plus, et qu’elles exigeront 19 % d’eau et 17 % de terre supplémentaires, affirment les chercheurs. Selon leurs modélisations, une plus large utilisation de la pomme de terre dans l’alimentation du pays permettrait au contraire de réduire fortement les quantités de gaz à effet de serre libérées par l’activité agricole (entre 13 et 24%) comme la consommation d’eau (11%) et l’utilisation des terres arables.

La pomme de terre demande moins d’eau et d’engrais

La pomme de terre est loin d’être une inconnue en Chine : elle en est même déjà devenue le premier producteur mondial ! Mais le rendement de ses cultures est largement inférieur à celui d’autres pays tels que la France ou les États-Unis. La culture du tubercule offre en outre de nombreux avantages par rapport au maïs, au riz et au blé. Elle peut s’adapter à des terrains plus variés et être cultivée dans des régions agricoles plus pauvres et reculées situées dans l’ouest du pays. De plus, elle est assez résistante à la sécheresse et au froid et peut être récoltée toute l’année suivant les régions. Elle requiert aussi moins d’engrais par rapport au maïs dans des sols souvent pauvres. Comparé au riz, elle est beaucoup moins gourmande en eau, dont la disponibilité risque de se réduire avec les effets du dérèglement climatique et la surexploitation actuelle des nappes phréatiques. Enfin, la pomme de terre a un intérêt nutritionnel non négligeable par rapport aux céréales, avec ses teneurs intéressantes en fibres, en vitamines C et B6 ainsi qu’en potassium. Elle a néanmoins l’inconvénient de moins bien se conserver, ce qui occasionne encore des pertes importantes lors de son transport ou de son stockage.

Un risque de malbouffe

Dès 2013, le ministère de l’agriculture chinois avait prôné l’utilisation de la farine de pomme de terre au lieu de celle du blé dans les recettes traditionnelles des nouilles et des petits pains cuits à la vapeur afin qu’elle devienne aussi un aliment de base dans le pays. La crainte est cependant qu’une consommation de pomme de terre trop proche de celle pratiquée dans en Occident, c’est-à-dire cuisinée avec des graisses végétales ou animales, ne se développe avec la restauration rapide et l’urbanisation, ce qui contribuerait à encore accroître le taux déjà élevé de personnes obèses dans le pays. Néanmoins, alors que les autres cultures plafonnent tout en épuisant les terres en Chine, les chercheurs estiment que celle de la pomme de terre pourrait remplir un rôle crucial pour la sécurité alimentaire et le développement plus durable du pays.

Continue Reading
You may also like...
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

More in Sciences

To Top
Recherche.fr