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Mort du chercheur américain Edward Osborne Wilson, père de la sociobiologie et défenseur de la biodiversité

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Mort du chercheur américain Edward Osborne Wilson, père de la sociobiologie et défenseur de la biodiversité

Mort du chercheur américain Edward Osborne Wilson, père de la sociobiologie et défenseur de la biodiversité

Le chercheur américain Edward Osborne Wilson, le 1er mars 2000.

Son œuvre est si vaste que certains ont cru voir en lui un « nouveau Darwin », quand d’autres le surnommaient plus affectueusement « Ant Man », l’homme aux fourmis. Le biologiste américain Edward Osborne Wilson est mort le 26 décembre 2021 à Burlington, Massachusetts, à l’âge de 92 ans.

« Il serait difficile de sous-estimer les réalisations scientifiques d’Ed, mais son impact s’étend à toutes les facettes de la société. Il était un véritable visionnaire doté d’une capacité unique à inspirer et à galvaniser. Il a exprimé, peut-être mieux que quiconque, ce que signifie être humain », a déclaré David J. Prend, président du conseil d’administration de la Fondation E.O. Wilson pour la biodiversité – une cause embrassée par le savant.

Le généticien Richard Dawkins a salué sa mémoire sur Twitter : « Triste nouvelle du décès d’Ed Wilson. Grand entomologiste, écologiste, plus grand myrmécologue, inventeur de la sociobiologie, pionnier de la biogéographie insulaire, humaniste génial et biophile, Prix Crafoord et Pulitzer, grand darwinien (une seule exception, l’angle mort de la sélection de la parentèle). Repose en paix. » Cette eulogie avec pour coda une critique acide est à l’image de ce que pouvait susciter le chercheur, rompu aux combats académiques : un immense respect pour son érudition et ses diverses contributions aux sciences de l’évolution, parfois assorti de mises en cause de ses conclusions sur l’origine des comportements, notamment humains.

A Harvard toute sa carrière

E.O. Wilson est né le 10 juin 1929 à Birmingham, dans l’Alabama. Il se console du divorce de ses parents, quand il avait 8 ans, par l’observation des plantes et des animaux. Il perd un œil, blessé par un hameçon, lors d’une partie de pêche. « L’attention de mon œil survivant s’est tournée vers le sol », écrira-t-il dans une autobiographie, rappelle le New York Times. Il développe alors une passion pour les fourmis, dont il deviendra le spécialiste incontesté, découvrant l’importance des phéromones. Après un doctorat à Harvard, il effectuera l’ensemble de sa carrière dans la prestigieuse université.

« C’était d’abord un très bon naturaliste de terrain, indique Laurent Keller (université de Lausanne), qui a étudié l’organisation sociale des fourmis de feu en tant que postdoctorant dans son laboratoire, dans les années 1990. Il a notamment décrit un genre de fourmis qui compte environ un millier d’espèces. » Ses connaissances encyclopédiques se cristalliseront dans Les Fourmis, coécrit avec l’entomologiste Bert Hölldobler, prix Pulitzer (1991), un de ses nombreux ouvrages à succès. « Il avait une facilité d’écriture, un don de synthèse. C’était un énorme travailleur. On le voyait peu au laboratoire, il revenait tous les quinze jours avec 40 pages manuscrites, et seulement deux ou trois ratures », admire Laurent Keller.

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