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Narbonne célèbre son passé romain dans un nouveau musée

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Narbonne célèbre son passé romain dans un nouveau musée

Narbonne célèbre son passé romain dans un nouveau musée

L’impressionnante « via lapidaria » traverse le musée Narbo Via, à Narbonne (Aude). Ici, en novembre 2020.

Rendons à César ce qui est à César et à Georges Frêche ce qui lui revient. Si Narbonne (Aude) dispose désormais d’un musée consacré à son passé romain, nommé Narbo Via et inauguré samedi 11 décembre, c’est à l’ancien président de ce qui s’appelait jadis la région Languedoc-Roussillon qu’elle le doit.

L’histoire raconte que, dans les années 1970, ce professeur de droit romain est amené par son collègue Jacques Michaud, à Narbonne, dans l’église Notre-Dame de Lamourguier, un lieu de culte désaffecté où s’empilent des centaines de blocs de pierre gravés ou sculptés remontant à l’époque faste où Narbo Martius était la première colonie romaine hors d’Italie. Devant ces vestiges plus ou moins abandonnés, Georges Frêche dit : « On ne peut pas les laisser comme ça. Si j’étais quelqu’un, je ferais construire un grand musée pour les mettre en valeur comme ils le méritent. » Voilà pour la version officielle. Mais l’honnêteté oblige Jacques Michaud à préciser que son bouillonnant confrère, qui avait le verbe haut et l’emportement facile, commença par s’exclamer : « Mais qu’est-ce que vous foutez ? Vous êtes des caraques ! », employant un terme méridional fort péjoratif faisant référence à la saleté supposée des bohémiens…

Devenu « quelqu’un », Georges Frêche lança, quelques mois avant sa mort en 2010, le projet de ce musée destiné à mettre en valeur l’héritage romain de Narbonne qui, même si elle a été la capitale de la Gaule transalpine (ensuite appelée la Narbonnaise), ne conserve pas de trace monumentale de ce passé, contrairement à Arles ou à Nîmes. Le résultat est donc Narbo Via, un musée dessiné par Foster + Partners, le prestigieux cabinet d’architecture fondé par le Britannique Norman Foster, connu en France notamment pour le viaduc de Millau. D’un coût total de 57 millions d’euros, il a été financé à 90 % par la région (aujourd’hui Occitanie).

Une « avenue des pierres »

Adossé au canal de la Robine, à l’entrée sud-est de la ville, voici un bâtiment sobre, de plain-pied, un grand coffret posé sur un podium qui le surélève et, surtout, le protège des eaux car la zone est inondable. Les architectes de ce XXIe siècle ont multiplié les clins d’œil à leurs lointains devanciers, par exemple avec l’usage d’un béton apparent, brut ou ocre, les Romains ayant été les premiers à utiliser ce matériau dans la construction. A l’entrée, un discret bassin évoque l’impluvium des villas antiques ; trois petites cours ouvertes sur le ciel reprennent le thème de l’atrium ; le traitement de l’air vient du podium sous les pieds et s’inspire directement de l’hypocauste, ce procédé de chauffage par le sol utilisé dans les villas et les thermes romains.

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