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« Notre Terre est un vaisseau spatial cosmique où l’océan joue un rôle majeur »

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Sciences

« Notre Terre est un vaisseau spatial cosmique où l’océan joue un rôle majeur »

« Notre Terre est un vaisseau spatial cosmique où l’océan joue un rôle majeur »

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« Explorer de nouveaux mondes étranges, chercher de nouvelles formes de vie, et avec audace, aller là où on n’est jamais allés ». C’est avec ces mots pleins d’enthousiasme pour l’avenir, connus de tous les amateurs de Star Trek comme lui, que Jean-Francois Clervoy a clôturé ce 8 décembre 2021 sa deuxième conférence à bord du MSC Virtuosa (voir photo). Et ce, lors de la croisière organisée jusqu’au 12 décembre par Sciences et Avenir, également en compagnie du spécialiste de géopolitique Mikaa Mered, à l’occasion de l’Exposition Universelle à DubaÏ (Emirats Arabes Unis ; lire encadré), où les mots clés des pavillons de 192 pays sont « mobilité, durabilité, opportunité ».

« Code-barres »

Pour l’astronaute passionné, qui a vécu trois missions spatiales à bord des navettes américaines, dont l’une dévolue à la réparation du satellite Hubble, l’avenir du vol habité s’appelle retour vers la Lune, peut-être dès 2025 avec la station Gateway (le Portail) puis, d’ici 2045 ou au-delà, mission vers Mars. Aux croisiéristes venus l’écouter dans une immense salle aux écrans géants et face à la mer, il explique comment « on vit et travaille dans l’espace », là-haut en orbite à 28.000 km/h (8 km/s), vitesse atteinte après le « grand coup de pied aux fesses » du décollage de la fusée ! Il les fait sourire en notant qu’on vit là-haut comme en camping, mentionnant sa préférence pour aller « dormir au plafond », sanglé évidemment pour ne pas flotter dans la station… « Plus de 570 humains totalisent plus de 1000 vols individuels en près de 330 missions spatiales » rappelle-t-il. Et de noter l’affection que continuent de porter les astronautes, cosmonautes, spationautes (« Un nom que plus personne n’utilise »), à la défunte station spatiale soviétique (puis russe) : « Mir a une âme » !

A noter qu’au bout de quinze ans d’utilisation de cette station qui a fini par brûler dans l’atmosphère terrestre, « 20% des objets avaient été perdus à bord ». Ils ont flotté on ne sait où dans son labyrinthe surchargé… Résultat, de nouvelles précautions ont été prises à bord de la station internationale ISS, où « tous les objets dont dotés d’un code-barres » qui doit aider à les retrouver – « moins de 2% d’objets sont perdus ». A l’heure où l’astronaute Thomas Pesquet est revenu sur terre après sa deuxième mission spatiale, Jean-François Clervoy, qui a aidé naguère à son recrutement à l’ESA (agence spatiale européenne), insiste sur les « défis psychologiques » que les aspirants à l’aventure spatiale doivent relever : supporter « confinement et isolement », savoir se comporter et apprécier un « environnement multiculturel », avoir tous les bons réflexes dans la « gestion des crises », tout particulièrement lors des pannes, auxquels les astronautes sont volontairement confronté.es à haute dose lors de leurs entraînements intensifs avant de voler.

« Te mana o te moana »

Savoir s’adapter, telle est l’obligation de tout.e astronaute. « La loi la plus fondamentale dans l’Univers, c’est l’évolution », estime ainsi Jean François Clervoy. Comprendre les problèmes, se concentrer pour savoir y faire face : « Prepare for the worst and hope for the best » (1), dit-il en citant John Young, qui fut son mentor et qu’il considère comme le plus grand des astronautes, après que ce dernier a effectué « deux vols sur Gemini, deux vols sur Apollo et deux vols de navettes ». Enfin, Il rappelle à quel point la planète Terre, vue depuis l’orbite, avec sa couche atmosphérique bleutée ultra-mince, nous est un trésor précieux à l’échelle du cosmos. Habitué aux efforts de recyclage des engins en orbite (eau fournie à partir de l’urine, CO2 exhalé par les astronautes aidant à produire du méthane etc.), ce parrain de l’association « Te mana o te moana » (L’esprit de la Terre), voit notre planète comme un « vaisseau spatial [pour lequel] l’océan fait le principal : il produit de l’oxygène, il absorbe la plupart du gaz carbonique, il régule le cycle de l’eau et la température et il nourrit la moitié de la population ».

En clair, il faut protéger notre eau terrestre, dont on ne perçoit pas toujours la faible quantité relative. Si Europe, l’une des lunes de Jupiter, est composée d’eau à 30% avec un océan de 100 kilomètres de profondeur, l’océan terrestre n’atteint, lui, qu’un seul kilomètre de profondeur en moyenne sur 70% de la surface de la planète. La représentation en volume de l’eau totale, de l’eau douce et de l’eau douce accessible, montrée pendant la conférence, pointe très clairement ce peu d’eau (voir photo). Aller dans l’espace semble plus que tout convaincre de l’obligation qu’a l’humanité de garder son vaisseau spatial cosmique le plus propre possible, si elle entend l’habiter encore longtemps.

Voyageurs arabes et danse de robots russes
C’est par un spectaculaire « pavillon mobilité » conçu par l’architecte Norman Foster qu’ont été accueillis le 5 décembre, pour un premier aperçu, les croisiéristes de Sciences et Avenir (1), venus explorer les trois « pétales » de l’Exposition Universelle de Dubaï où se déploient les pavillons de 192 pays. Après un sas dans le noir et une déambulation dans un tunnel tout aussi sombre, surgissent de gigantesques visages d’explorateurs arabes, Émirats obligent. Notamment Al-Bakri en Andalousie au XIe, s’intéressant à la géographie, aux cultures et religions d’Europe, d’Afrique du Nord, de la Péninsule arabique, et évidemment le célèbre Ibn Battuta au XIVe, ayant voyagé à pied pendant trente ans de l’Afrique au Moyen-Orient et à l’Asie, et ayant recueilli des observations sur les coutumes, la faune, et les différentes politiques menées ici et là. Dans une exposition universelle, il s’agit de frapper le visiteur et ce pavillon symbole, où l’on retrouve une maquette du satellite Hope des EAU, tout récemment placé en orbite de la planète Mars, est une réelle réussite. Couleurs élégantes, écrans digitaux pertinents, notamment sur la question des migrations actuelles. A ce jour, est plébiscité par les croisiéristes le pavillon de la Russie, qui a fait dans le spectaculaire, avec un cerveau géant et un hommage aux robots. De multiples explications sont données sur l’extraordinaire complexité de nos matières grise et blanche. Outre un spectacle de 6 minutes qui fascine les spectateurs, ainsi que celui de deux robots effectuant une très jolie danse en images (sponsorisées par Rosatom qui promet un « meilleur futur avec le nucléaire »), une belle idée les retient : la compréhension à l’aide d’écrans digitaux traduisant les images captées par un objectif de la perception du monde par une libellule, un serpent, un requin, un cheval… Quant aux amateurs de BD, de petits gâteaux spéculoos, de frites et de bières, qu’ils ne manquent pas le pavillon belge, bien sûr.

(1) Pendant deux autres jours, les 10 et 11 décembre, les deux autres zones, « durabilité » et « opportunité », pourront être visitées et une soirée spéciale est prévue au grand belvédère du Pavillon de la France qui surplombe toute l’Exposition.

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