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« Pandora Papers » : sur les traces du pilleur de temples khmers

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« Pandora Papers » : sur les traces du pilleur de temples khmers

« Pandora Papers » : sur les traces du pilleur de temples khmers

Pendant des décennies, Douglas A. J. Latchford était l’image même de l’explorateur de films d’aventure, façon Indiana Jones : un Anglais féru de sculptures anciennes et de temples asiatiques perdus dans la jungle, aussi érudit que sympathique. De ses voyages en hélicoptère dans les anciennes cités de l’Empire khmer, au Cambodge, il a ramené d’innombrables sculptures hindoues et bouddhistes, au point de constituer l’une des plus grandes collections privées au monde de trésors khmers.

Ce n’est que bien plus tard que la vérité a éclaté : M. Latchford s’était livré tout au long de sa carrière à un juteux trafic d’antiquités, pillées illégalement dans les temples sacrés de cette civilisation qui prospéra il y a un millénaire. Inculpé en 2019 par la justice américaine, l’aventurier pilleur est mort à 88 ans, avant la tenue de son procès et la confiscation de ses biens.

Des Bodhisattva (XIIe siècle), au Metropolitan Museum of Art de New York, le lundi 3 mai 2021.

Mais contre toute attente, en février 2021, après des années de coopération entre les autorités cambodgiennes et américaines et d’âpres négociations avec la famille du défunt, l’affaire semblait avoir trouvé un épilogue heureux. Quelques mois après la mort de son père, Julia Latchford avait annoncé la restitution de ses collections privées au Cambodge. Justice serait malgré tout rendue.

Siva et Skanda, les « trusts » jumeaux

Les « Pandora Papers » racontent une autre histoire. La fuite de documents confidentiels obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) dévoile, en effet, de curieux montages financiers mis sur pied par la famille Latchford juste après le début de l’enquête judiciaire américaine, en 2011. Avec sa fille Julia et son gendre, Simon Copleston, Douglas Latchford a constitué deux « trusts » – des structures opaques permettant de cacher des actifs et leurs bénéficiaires – sur l’île de Jersey, un paradis fiscal notoire qui dépend de la Couronne britannique : Siva Trust et Skanda Trust. Des structures inconnues des enquêteurs cambodgiens, qui traquent pourtant depuis des années les biens de l’aventurier.

Or, les documents révèlent que Skanda Trust a détenu une grande partie de la collection de Latchford, dont au moins 80 antiquités khmères. Parmi elles, de véritables trésors : des bronzes de Bouddha, de Lokesvara et d’autres figures religieuses. L’une d’elles, évaluée à plus de 1,5 million de dollars (1,2 million d’euros), faisait partie de la liste des biens volés établie par la justice américaine. Ce qui semble indiquer que la restitution promise par la famille Latchford ne couvre en réalité qu’une partie de ses biens.

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