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Paracétamol pendant la grossesse : un réflexe à ne pas banaliser

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Paracétamol pendant la grossesse : un réflexe à ne pas banaliser

Paracétamol pendant la grossesse : un réflexe à ne pas banaliser

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Pour les femmes enceintes, se soigner relève bien souvent du casse-tête. Un grand nombre de médicaments sont en effet proscrits durant la grossesse, en raison de risques avérés ou suspectés sur l’enfant à naître. Le paracétamol est une des rares molécules considérées comme sûres pendant tous les stades de la grossesse, et de nombreuses femmes y recourent pour soulager fièvre et douleurs.

Or ce remède pourrait lui aussi avoir des effets indésirables sur le développement fœtal, affirment des experts internationaux dans une déclaration commune parue le 23 septembre dans la revue Nature Reviews Endocrinology. Ils estiment que les recommandations faites aux femmes enceintes devraient être adaptées afin qu’elles minimisent leur recours au paracétamol, en attendant que ses effets sur le fœtus soient mieux documentés.

Après avoir passé en revue la littérature scientifique la plus récente sur le sujet, les auteurs ont identifié plusieurs effets préoccupants. La prise de paracétamol pendant la grossesse pourrait notamment entraîner des anomalies du tractus urogénital chez les garçons, par exemple des cas de cryptorchidie ou trouble de la migration du testicule (qui ne descend pas jusqu’à sa position normale). « Il est avéré que le paracétamol est un perturbateur endocrinien qui inhibe la production de testostérone », relève Shanna Swan, spécialiste de l’épidémiologie reproductive à l’école de médecine Mount Sinaï de New York, l’une des auteurs.

Association avec des troubles du développement neurologique

Plusieurs études, réalisées sur de vastes cohortes à travers le monde, ont par ailleurs identifié une association entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et la survenue de troubles neurodéveloppementaux chez l’enfant, en premier lieu le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), mais aussi des troubles du spectre autistique, des retards de langage, ou un QI diminué. Outre ces études épidémiologiques, des expériences menées chez l’animal, en particulier la souris, vont aussi dans le sens d’effets indésirables du paracétamol sur le fœtus.

Les auteurs en appellent donc au principe de précaution. Pour eux, les femmes enceintes devraient, dans la mesure du possible, éviter l’automédication et se référer à un médecin avant de consommer du paracétamol dans la plus petite dose et le plus brièvement possible. Davantage de recherches devraient être effectuées et les agences d’homologation des médicaments devraient prendre en compte les études les plus récentes afin éventuellement d’adapter leurs recommandations.

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