Connect with us

Parentologie : Et si la contraception était aussi l’affaire des hommes ?

Sciences

Parentologie : Et si la contraception était aussi l’affaire des hommes ?

Parentologie : Et si la contraception était aussi l’affaire des hommes ?

J’ai dans ma famille un oncle qui, il y a plusieurs décennies de cela, après avoir fait deux beaux enfants avec sa femme, a décidé de subir une vasectomie. Cette opération de stérilisation masculine, que 7,4 % des hommes finissent par regretter (étude Hum Reprod, 2018), consiste à couper et obturer les canaux déférents qui transportent les spermatozoïdes depuis les testicules. Un peu comme un pipeline dont on tarirait l’approvisionnement.

En ces temps lointains (on était à la fin des années 1980, les gens regardaient Dallas), la chose semblait relativement incongrue. Alors que virilité et pouvoir d’ensemencer se trouvaient encore intimement liés, le geste de ce fier Ibère qu’est mon oncle avait quelque chose d’avant-gardiste, sans revêtir pour autant de connotation ouvertement politique. « Je ne voulais pas que ma femme supporte tout le poids, c’est tout », dit-il aujourd’hui, sans trop de fioritures.

Faire sa part

Face à ce choix, les interrogations de son entourage (les miennes, en l’occurrence, alors en pleine crise d’adolescence) tournaient autour de questionnements tantôt pragmatiques, tantôt un poil loufoque : est-ce que ça fait mal ? Privé d’approvisionnement, le pénis ne risque-t-il pas de se transformer en un équivalent de pompe à vélo ?

Renseignement pris, cette opération, réalisée en quelques minutes sous anesthésie locale et qui devient efficace au bout de huit à seize semaines, n’entrave en rien l’éjaculation, le sperme ne constituant qu’une petite partie du liquide expulsé. Pas de perte de désir, ni de troubles érectiles non plus. « Je n’ai aucun regret. Par ailleurs, je n’ai jamais eu à subir de réaction négative après ça », relate aujourd’hui cet oncle, féministe à sa façon.

Mais, au-delà de cette anecdote, les choses sont-elles si simples ? En réalité, jusqu’à une époque récente, celui qui optait pour la vasectomie (« la vasectoquoi ? ! ») était souvent considéré comme un Jason testiculaire qui aurait entrepris de ratiboiser de lui-même toute sa puissance virile. Une sorte de fou commettant un crime de lèse-majesté envers le phallus tout-puissant.

Alors que certains médecins tentent encore de nos jours de décourager les candidats, le caractère définitif de cette pratique chirurgicale fait peur. Même s’il existe une opération de reconstruction des canaux déférents, la vasovasostomie, la possibilité d’inverser le processus n’est pas garantie. D’où, en France, un temps de réflexion incompressible de quatre mois entre le premier rendez-vous chez l’andrologue et l’opération.

Il vous reste 67.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Continue Reading
You may also like...
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

More in Sciences

To Top
Recherche.fr