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Pascal Mayer, un lecteur visionnaire de l’ADN

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Pascal Mayer, un lecteur visionnaire de l’ADN

Pascal Mayer, un lecteur visionnaire de l’ADN

Pascal Mayer, à Paris, en septembre 2021.

Un demi-sourire aux lèvres, il apparaît à l’écran. Peu familier des feux de la rampe, visiblement, mais ravi. Un rien flottant, aussi, comme s’il hésitait encore à y croire. Après tant d’années passées dans l’ombre, le voilà soudain propulsé sur le devant de la scène, honoré par une récompense internationale de prestige, mais tardive.

Le 9 septembre, le Français Pascal Mayer, « biophysicien dans l’âme », selon ses mots, recevait, avec deux Britanniques, le biochimiste Shankar Balasubramanian et le biophysicien David Klenerman, le Breakthrough Prize in Life Sciences. Créé en 2012 par les fondateurs de Facebook, Google et 23andMe, ce prix de « l’avancée capitale en sciences de la vie », qui passe pour être une antichambre du Nobel, est aussi l’un des mieux dotés. Chaque groupe de lauréats reçoit ainsi 3 millions de dollars, environ trois fois plus que pour un Nobel.

Ce trio était distingué pour « une invention qui a révolutionné toute la biologie, la médecine et, au-delà, nos sociétés : en clair, le séquençage massivement parallèle de l’ADN, dit aussi “séquençage de nouvelle génération” », s’enthousiasme Raphaël Rodriguez, directeur de recherche au CNRS en chimie des cancers à l’Institut Curie (Paris), et proche collaborateur de Shankar Balasubramanian. Cette technologie de rupture « est plus importante, selon moi, qu’Internet ou que l’outil d’édition du génome, Crispr-Cas9 », s’émerveille encore le chercheur, qui rappelle qu’avant d’apprendre à écrire il faut savoir lire.

Pourquoi ce mode de lecture de l’ADN est-il si innovant ? A partir de très peu de matériel biologique, il permet un déchiffrage des génomes ultrarapide, économique, fiable et précis. « Grâce à cet outil, nous comprenons mieux la vie, l’évolution des espèces, l’environnement qui nous entoure, poursuit Raphaël Rodriguez. Nous pouvons très vite identifier les mutations en cause dans les cancers et les maladies génétiques, développer des médecines personnalisées, résoudre des cold cases… A mesure que la pandémie de Covid-19 déferlait, c’est lui, toujours, qui nous a permis d’identifier et de séquencer le virus et les nouveaux variants. »

Un outil révolutionnaire

Pour Pascal Mayer, cette médaille était loin d’être acquise. En mai, seul le duo britannique avait reçu, pour cet outil « révolutionnaire », le prix Millennium Technology 2020 de l’Académie de technologie finlandaise. Le Français, lui, avait été oublié. « Quand je racontais que j’étais l’un des inventeurs de cette technologie, personne ne me croyait ! », confie-t-il. Lucide mais pas amer, maintenant qu’il est enfin reconnu, à l’âge de 58 ans.

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