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Pour éviter les chenilles toxiques, les oiseaux se fient aussi aux plantes

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Pour éviter les chenilles toxiques, les oiseaux se fient aussi aux plantes

Pour éviter les chenilles toxiques, les oiseaux se fient aussi aux plantes

Papillon goutte-de-sang.

Zoologie. Le papillon goutte-de-sang est une attraction. Adulte, il arbore sur l’extérieur de chacune de ses ailes noires un point d’exclamation rouge vif auquel s’ajoutent, sur l’arrière, deux taches de cette même couleur carmin. Attention danger ! Ses prédateurs potentiels sont ainsi avertis : même affamé, mieux vaut passer son chemin. Car l’évolution a doté l’insecte, présent notamment en France, de substances chimiques particulièrement désagréables, voire nocives. Elle y a ajouté un signal visuel évident, de quoi informer même les plus malvoyants. Le goût et la couleur, une double protection mise en évidence en 1867 par le grand Alfred Russell Wallace et baptisée, en 1890, par son collègue Edward Poulton du doux nom d’« aposématisme ».

Cette stratégie de survie, assez courante dans le monde animal, mais aussi végétal, n’a cessé de passionner les biologistes. Ils en ont approfondi la compréhension des mécanismes tout au long du XXe siècle. Une équipe de l’université de Bristol vient pourtant de réaliser un saut majeur, publié dans la revue Current Biology, jeudi 7 octobre : « Pour la première fois, nous avons montré que les oiseaux reconnaissaient le danger en observant non seulement la proie mais aussi la plante qui l’héberge », résume Callum McLellan, le premier signataire de l’étude.

Cette fois, les scientifiques se sont intéressés aux larves de la goutte-de-sang qui, à vrai dire, ressembleraient plutôt à des cils de tigre. Ces chenilles, toutes rayées de noir et de jaune, grandissent sur une seule et unique plante : le séneçon de Jacob, ou jacobée. C’est d’elle, du reste, que proviennent les alcaloïdes toxiques accumulés par l’animal. « Nous nous sommes simplement demandé si les oiseaux associaient la proie et la plante », indique le jeune doctorant.

Larves de papillon goutte-de-sang sur une jacobée.

Une série d’expériences a donc été réalisée. D’abord les chercheurs ont installé de fausses chenilles (des tubes de papier hébergeant des vers), noir et jaune d’une part, vert olive d’autre part, sur des jacobées et sur des ronciers. Ils ont ainsi pu constater que les deux facteurs – plante et insecte – influaient. Et se cumulaient. Les oiseaux rejetaient plus que toute autre l’association des tigres de papier et des fleurs jaunes de la jacobée. En construisant ensuite des plantes artificielles, ils ont fait varier formes et couleurs, installant les pétales des unes sur les tiges des autres. Résultat : c’est d’abord et avant tout la teinte jaune qui informe le prédateur du danger. Les fleurs de jacobée piquées sur des branches de ronciers ont joué leur rôle d’épouvantail. « Nous le supposions, mais j’avoue que nous avons été surpris », admet Callum McLellan. La couleur, d’abord, mais aussi la forme de la plante. Et l’article avance une explication : « Les oiseaux ont besoin de trouver des indices hors de la saison de floraison ou encore le matin, avant l’ouverture des fleurs. »

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