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Pour vaincre les moustiques et le paludisme aviaire, une bactérie nommée « Wolbachia »

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Sciences

Pour vaincre les moustiques et le paludisme aviaire, une bactérie nommée « Wolbachia »

Pour vaincre les moustiques et le paludisme aviaire, une bactérie nommée « Wolbachia »

Un moustique « Culex quinquefasciatus » posé sur la peau d’un hôte humain, en 2018.

A première vue, impossible de faire plus dissemblable que Dennis LaPointe et Carter Atkinson. Barbe, tignasse et charpente de bûcheron pour le premier, le tout servi par un verbe haut ; allure frêle, cheveu rare et voix plus hésitante chez le second. Pourtant, voilà quinze ans que les deux compères voisinent dans la cabane de rondins qui tient lieu d’antenne locale à l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS), dans le Parc national des volcans de la grande île d’Hawaï.

Quinze ans, surtout, qu’ils ont mis en commun leurs compétences, en microbiologie pour l’un, en entomologie pour l’autre, afin d’étudier le comportement du parasite plasmodium chez le moustique Culex quinquefasciatus. Un enjeu essentiel. Responsables d’une terrible épizootie de paludisme aviaire, l’insecte et l’agent infectieux ont déjà provoqué l’extinction de nombreuses espèces d’oiseaux natifs et menacent les vingt et une qui résistent encore. « Avec le réchauffement climatique qui dope le parasite et pousse les moustiques vers les refuges d’altitude des oiseaux, nous pensions que tout était perdu, que nous documentions la fin d’un monde, racontent-ils à deux voix. Mais Wolbachia nous redonne de l’espoir. »

Lâchers massifs de mâles infectés

Cette bactérie n’est pas née hier. En 1924, deux pathologistes américains, Hertig et Wolbach, en font la découverte dans le cytoplasme de cellules germinales d’un Culex pipiens, le cousin le plus commun de notre tueur du Pacifique. Trente ans plus tard, une équipe française s’aperçoit que le croisement d’un mâle infecté par la bactérie avec une femelle saine rend la descendance non viable. La recherche progresse lentement. Les scientifiques mettent peu à peu en évidence la présence de Wolbachia dans 60 % des espèces d’arthropodes. Ils étendent également la notion « d’incompatibilité cytoplasmique » aux nombreuses et diverses souches de la bactérie, qui ne peuvent être croisées. Puis tout s’est accéléré depuis dix ans. Au laboratoire mais aussi lors de premières expérimentations. Avec, dans le viseur, la lutte contre la dengue, le chikungunya et Zika. Des lâchers massifs de mâles Aedes aegypti infectés ont été réalisés, depuis 2017, en Indonésie et en Chine, mais aussi à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie, sous la conduite de l’Institut Pasteur. Partout, les épidémies ont connu des reculs spectaculaires.

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