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Psychiatrie : des Assises très attendues pour une discipline en crise

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Psychiatrie : des Assises très attendues pour une discipline en crise

Psychiatrie : des Assises très attendues pour une discipline en crise

Un patient de psychiatrie générale dans les couloirs du centre hospitalier Le Vinatier, à Bron (Rhône), le 22 septembre 2021.

Présentées par le ministère de la santé comme un « moment historique du débat national », les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie amèneront-elles des réponses concrètes aux maux psychiques des Français et à la détresse de ceux qui les soignent ? Annoncées par Emmanuel Macron le 14 janvier 2021, d’abord prévues en juillet, elles se tiennent finalement ces 27 et 28 septembre et seront clôturées par le président de la République, une confirmation pour certains de l’attention portée au sujet par l’Elysée.

Le contexte est d’autant plus périlleux que la pandémie, avec ses effets délétères sur la santé mentale de la population, a aggravé un état des lieux déjà critique.

Alors que les troubles psychiques (dépression, schizophrénie, troubles anxieux, addictions…) concernent des millions de Français, et représentent le premier poste de dépenses du régime général de l’Assurance-maladie par pathologie, les rapports et tribunes s’accumulent depuis des années pour dénoncer une situation intenable, sur fond toutefois de fortes disparités sur le territoire. « Les conditions de travail et donc les conditions de soins n’ont cessé de se dégrader, engendrant de la souffrance pour les malades, leurs proches et les équipes médicales », indiquait déjà au Monde Pierre-Michel Llorca, chef de service au CHU de Clermont-Ferrand en septembre 2018.

« On ne va pas dans le mur, nous sommes déjà dedans », résume désormais le psychiatre Antoine Pelissolo dans un texte co-écrit avec le député Boris Vallaud (PS), paru dans Le Monde le 6 septembre. « Comme il y eut des plans présidentiels très utiles pour le cancer ou la maladie d’Alzheimer, il est donc aujourd’hui urgent de faire de la santé mentale et de la psychiatrie une grande cause du prochain quinquennat », interpellent-ils.

La pédopsychiatrie, particulièrement sinistrée

La capacité d’accueil en psy dans les hôpitaux publics a chuté de 13 % entre 2013 et 2019, au profit du secteur privé. Les délais pour un premier rendez-vous dans les centres médico-psychologiques, premier maillon de prise en charge dans le secteur public, peuvent dépasser un an, notamment en pédopsychiatrie, particulièrement sinistrée. Ces derniers mois, certains jeunes ne trouvent pas de lit lorsqu’ils arrivent en urgence pour troubles anxieux et un fort risque suicidaire, alors que ces situations ont augmenté avec la pandémie.

« On se focalise toujours sur la question des urgences et la pénurie de lits en raison de situations critiques, et c’est dramatique, mais la psychiatrie devrait être là pour empêcher l’hospitalisation, prévenir les tentatives de suicide chez l’enfant, c’est une discipline de prévention, souligne le professeur Olivier Bonnot, chef du service de pédopsychiatrie du CHU de Nantes. Pour cela, il est nécessaire de renforcer l’attractivité, réorganiser les soins avec ambition, et distribuer les moyens. »

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