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Quelle place pour les femmes dans la Rome antique ?

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Quelle place pour les femmes dans la Rome antique ?

Quelle place pour les femmes dans la Rome antique ?

Tête-portrait de femme de l'époque d'Hadrien sur buste moderne dite Giulia de Titus.

L’exposition. Porteur d’une charge péjorative en français au point de qualifier parfois une patronne de bordel, le mot de « matrone », dans la Rome antique, désignait au contraire l’épouse et la mère modèle. C’est à cette figure idéale et, par extension, à la place de la femme dans la société romaine, que se consacre la nouvelle exposition temporaire du Musée de la romanité, à Nîmes (Gard). Une exposition conçue par les Galeries des Offices à Florence, dont proviennent l’immense majorité des pièces présentées, pour l’essentiel des bustes et des autels.

Le propos se concentre sur les Ier et IIe siècles, et par conséquent sur les premières dynasties impériales. Le concept de la matrone, déjà norme de référence pendant la monarchie et la République, connaît alors une évolution importante. La domiseda (femme qui est à la maison) et la lanifica (celle qui file la laine) sortent enfin du foyer. Ainsi que l’explique la commissaire de l’exposition, l’Italienne Novella Lapini, spécialiste de la condition féminine à Rome, « c’est l’empereur Auguste qui va réactualiser la figure des femmes, en les faisant intervenir dans les espaces publics qui sont des espaces masculins. Elles peuvent désormais jouer un rôle public dans la société, ce qui n’était pas le cas sous la République. »

Entendons-nous bien : cette émancipation concerne avant tout les femmes de l’élite, qui bénéficient d’une certaine liberté d’action mais aussi d’une véritable éducation. L’exposition présente ainsi le buste d’une femme tenant dans sa main gauche un rouleau de papyrus, symbole de culture raffinée et d’accès à l’érudition. Autre bel exemple, celui de l’autel qu’une certaine Genicia Grapte élève à son mari… un ancien esclave qu’elle a affranchi.

Jeux de pouvoir

Tout ne se passe pas cependant de manière idyllique. Même si certaines femmes décrochent le titre impérial d’Augusta de leur vivant et de Diva, c’est-à-dire de déesse, à leur mort, les jeux de pouvoir auxquels certaines s’adonnent peuvent leur coûter cher, comme c’est le cas pour les deux Agrippine, l’Ancienne et la Jeune, au Ier siècle : la première meurt lors de l’exil que lui impose l’empereur Tibère et la seconde, sa fille, est assassinée sur ordre de son propre fils, Néron.

Enfin, il y a celles qui refusent de se plier au modèle de la matrone vertueuse, épouse fidèle et mère exemplaire. On s’en voudrait de ne pas citer la malédiction trouvée au dos d’un autel, adressée à une femme partie avec son amant après avoir empoisonné son mari (adultère et poison allaient souvent de pair dans les accusations faites aux femmes) : « Que des clous et une corde de sparte serrent son cou et que la poix bouillante brûle sa poitrine maléfique. » Dans ce registre des contre-exemples à la matrone, on notera que l’exposition de Nîmes omet d’évoquer la Romaine la plus célèbre du Ier siècle, dont le nom, par antonomase, désigne aujourd’hui une femme aux mœurs dépravées : Messaline.

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