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Recherche française : de la contestation à l’émancipation, les labos s’organisent

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Recherche française : de la contestation à l’émancipation, les labos s’organisent

Recherche française : de la contestation à l’émancipation, les labos s’organisent

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Aux pays des Lumières, la révolution couve-t-elle dans les laboratoires ? Une pluie de candidatures devrait tomber dans les boîtes à lettres du ministère de la recherche pour proposer ses services à la tête du CNRS, place vacante en janvier 2022. Au nom de la « liberté académique » – terme qui avait un peu disparu jusqu’à sa réapparition dans les contestations contre la loi de programmation de la recherche (LPR), durant l’année 2020 –, l’association RogueESR entend perturber un processus bien huilé, comme il l’avait fait pour une précédente nomination à la présidence du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) en 2020.

Ce collectif d’enseignants-chercheurs et de chercheurs, né en 2017, par imitation lexicale avec les mouvements académiques opposés à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis (RogueNASA, RogueEPA…), entend « défendre un véritable service public, ouvert à toutes et tous ». La lettre type de candidature est un négatif de ce qui est pour eux à l’œuvre : qualité plutôt que productivité à court terme, collégialité plutôt qu’individualité, augmentation des emplois pérennes plutôt que contractuels… « C’est important pour la communauté de se réapproprier ces postes. Ça ne doit pas nous être interdit », affirme Jean-Luc Autran, directeur de l’Institut matériaux microélectronique nanosciences de Provence, qui avait été lui-même candidat à la tête du Hcéres.

Le mouvement n’est que l’une des nombreuses et dispersées mobilisations témoignant d’une rupture entre la base et le sommet, représenté par le gouvernement, les directions d’organismes et d’universités et une partie des gagnants d’un système particulièrement compétitif. Il illustre aussi l’envie de construire des alternatives au système, à travers des actions autonomes.

Avec sa grande manifestation nationale en dehors des syndicats, des partis ou des associations, le mouvement Science en marche avait ouvert la voie en 2014, pour alerter sur les problèmes de la recherche. L’un de ses fondateurs, le biologiste Patrick Lemaire, s’est depuis emparé d’un autre bâton de pèlerin, en contribuant à la création du Collège des sociétés savantes en 2021, « indépendante des institutions d’Etat », afin de « soutenir la recherche dans leurs disciplines et d’être à l’interface entre le monde académique et la société ». Une façon de renouveler l’éternel dialogue science-société, là encore par la base.

Développer une autre recherche

De même, en dehors des institutions, est en train de naître une assemblée des directeurs de laboratoires, pour porter des revendications communes liées à leur rôle si particulier et si peu reconnu. « Notre activité consiste de plus en plus à contenir les effets délétères d’une politique qui entrave les raisons de notre engagement et réduit le pluralisme de la pensée », écrivaient 700 d’entre eux dans Le Monde, le 10 février 2020. « Nous manquions de liant et d’unité », souligne Jean-Luc Autran, professeur à Aix-Marseille université et une des chevilles ouvrières de cette initiative.

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