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Sous une dune normande, des traces de pas vieilles de 80 000 ans

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Sciences

Sous une dune normande, des traces de pas vieilles de 80 000 ans

Sous une dune normande, des traces de pas vieilles de 80 000 ans

Les découvertes archéologiques sont souvent le fruit du hasard. C’est le cas du site du Rozel, une dune au lieu-dit Le Pou, dans l’ouest du Cotentin. On y a mis au jour quantité de silex taillés et d’os d’animaux ainsi que des foyers. Mais ce qui distingue ce gisement et lui donne un intérêt exceptionnel, c’est la découverte depuis 2012 de 2 200 empreintes de pieds d’hommes préhistoriques et de 35 autres de mains, conservées dans le sable durci.

Avant cette découverte, on n’avait recensé pour tout le paléolithique moyen (de – 300 000 à – 40 000) que neuf empreintes de pieds réparties sur trois sites : Vartop (Roumanie), Theopetra (Grèce) et Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais). Depuis, on en aurait découvert une centaine à Matalascanas, dans le sud de l’Espagne, dont l’étude est en cours.

De son côté, Le Rozel livre constamment de nouvelles traces. Cette année, en juin et juillet, les équipes d’archéologues qui se sont succédé sur le site, sous la direction de Dominique Cliquet, spécialiste du paléolithique ancien et moyen, conservateur du service régional d’archéologie de Caen, coordinateur du projet, en ont relevé 200, soit autant que lors de la campagne 2020, du 1er juillet au 31 août. C’est dire l’importance de ce site comparable, dans son domaine, aux grottes de Lascaux ou de Cosquer.

Fouille du sable dunaire sur le site du Rozel, le 30 juillet 2021.

Tout a commencé en 1967. Un technicien travaillant dans le nucléaire, Yves Roupin, prospecteur bénévole, signale la découverte du site à la direction des antiquités préhistoriques de Normandie. Deux opérations, un sondage et une brève fouille, menées en 1969 et en 1970-1971 par Frédéric Scuvée, révèlent la richesse de ce site qui s’inscrit dans une dune du début la dernière époque glaciaire, le weichselien (de – 115 000 à – 11 700).

Des traces en prise directe avec la vie quotidienne

Entre 2006 et 2012, environ 1 000 mètres carrés du site disparaissent sous les effets de l’érosion. Un plan de fouilles pluriannuel est alors engagé avec Dominique Cliquet. Dès 2012, après avoir enlevé 10 000 m3 de sédiments pour atteindre les niveaux archéologiques, on découvre cinq empreintes de pieds, beaucoup d’autres suivront, et un an plus tard ce sont celles de mains conservées dans le sable durci, une première mondiale. Ces traces sont particulièrement émouvantes car, plus que toutes autres, en prise directe avec la vie quotidienne de nos très lointains ancêtres. Ainsi on a retrouvé l’empreinte d’une main d’enfant, qui a dû tomber puis se relever, et d’un pied de 8 cm, probablement un bébé de 8 mois. A cela pourrait très bien s’ajouter des traces de fesses d’un autre tout-petit. Mais là, il faudra patienter pour avoir la réponse.

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