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Sur la tombe du rhinocéros inconnu

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Sur la tombe du rhinocéros inconnu

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En 2017, le prix du « Wildlife Photographer of the Year », le photographe animalier de l’année, n’a pas fait l’unanimité. Au lieu des images habituelles, souvent réconfortantes ou contemplatives – lions paressant dans la savane ou renard blanc folâtrant dans la neige –, c’est la photo d’un animal mort qui a été récompensée. Et qui plus est, un animal tué par un humain. L’auteur de cette image spectaculaire et glaçante intitulée « Mémorial pour une espèce », le Sud-Africain Brent Stirton, montre sans détour le cadavre d’un rhinocéros abandonné près d’un trou d’eau, avec sur le nez un trou sanglant à l’endroit où autrefois se dressait sa corne.

Le photographe reconnaît lui-même avoir été surpris de ce prix : « La photo animalière est un genre prestigieux et particulier qui, en général, se focalise sur les beautés de la nature, ou sur certains comportements animaux. Mais je suis heureux que ce concours fasse aussi écho aux crises ». Sans doute, à l’heure de l’anthropocène, cette ère modelée par l’action humaine sur la planète, devient-il difficile de montrer les splendeurs du monde sauvage en prétendant ignorer qu’il est directement menacé par l’homme.

Richard Sabin, un des conservateurs du Museum d’histoire naturelle de Londres, qui attribue ce prix, s’est d’ailleurs fait l’écho de ces nouvelles préoccupations qui concernent les photographes comme les chercheurs : « En tant que centre de recherche scientifique, nous reconnaissons l’impact qu’ont les activités humaines sur la nature, a-t-il déclaré. Le prix du photographe animalier de l’année est une plate-forme idéale pour débattre des réalités inconfortables. »

Brent Stirton, photographe de presse à la carrière internationale, a couvert des sujets variés, du VIH en Ukraine aux mines d’or en Nouvelle-Guinée, et se considère comme un photojournaliste, pas comme un photographe animalier. Mais dans son pays natal, l’Afrique du Sud, comme sur tout le continent africain, il a pu voir combien les questions d’animaux et de préservation des espèces sont étroitement mêlées aux problèmes de trafic, de corruption, de migration, aux conflits et au développement économique.

Gorilles de montagne massacrés par un groupe armé

En 2007, déjà, il avait fait un reportage en République démocratique du Congo pour Newsweek, dans le parc national de Virunga devenu le centre d’un trafic de charbon de bois. Tombé sur un groupe de gorilles de montagne massacrés par un groupe armé, il avait photographié le corps de l’un d’entre eux, Senkwekwe, transporté de façon solennelle par une douzaine d’hommes, comme pour des funérailles. La photo avait fait le tour du monde, et quelques mois après la publication, neuf pays africains signaient un traité pour mieux protéger les gorilles dans le Virunga.

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