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Theranos, la start-up qui prétendait révolutionner les tests sanguins, devant la justice américaine

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Theranos, la start-up qui prétendait révolutionner les tests sanguins, devant la justice américaine

Theranos, la start-up qui prétendait révolutionner les tests sanguins, devant la justice américaine

Elizabeth Holmes, à San José (Californie, Etats-Unis), le 31 août 2021.

La naissance d’une star et sa déchéance, des fortunes qui s’amassent (presque) aussi vite qu’elles partent en fumée, du sexe, des escroqueries… Hollywood ne s’y est pas trompé. L’affaire Theranos − du nom de cette start-up américaine spécialisée dans la santé qui a connu la trajectoire d’une étoile filante − a tout d’un scénario bien ficelé. Elle sera portée à l’écran en 2022, avec en vedette Jennifer Lawrence dans le rôle d’Elizabeth Holmes, la fondatrice de la société.

En attendant, c’est Mme Holmes qui tient le haut de l’affiche, alors que s’est ouvert son procès le 31 août. Pendant quatre mois, elle va devoir se défendre des accusations qui pèsent sur elle, et démontrer qu’elle n’a pas volontairement menti à ses investisseurs, qui y ont laissé beaucoup d’argent, et à ses clients, qu’elle a mis en danger. A trente-sept ans, elle encourt jusqu’à 20 années de prison et de lourdes sanctions pécuniaires.

Période de tâtonnement

L’histoire commence en 2003. A seulement 19 ans, encore étudiante à Stanford, Mme Holmes lance Theranos. Bien que n’ayant aucun bagage dans le domaine de la santé, elle prétend révolutionner le secteur des analyses sanguines. Après une période de tâtonnement, elle assure, à l’orée de la décennie 2010, pouvoir, avec des technologies innovantes, et en prélevant une toute petite quantité de sang, réaliser plus de 200 tests différents, des carences en vitamine au cancer, en un temps record, pour un coût réduit.

Theranos part alors à l’assaut des marchés, ciblant en particulier les réseaux de pharmacie, au sein desquels elle veut implanter ses « mini-laboratoires ». Cette période d’accélération de la start-up correspond avec l’arrivée en 2009 au poste de président de Ramesh « Sunny » Balwani. Aujourd’hui également poursuivi par la justice américaine, il a entretenu un temps une relation intime avec Mme Holmes. Moins visible que la très télégénique fondatrice de la société, il mène la compagnie d’une main de fer.

En 2013, elle noue un contrat avec le réseau Walgreens − la deuxième grande chaîne de pharmacies aux Etats-Unis derrière CVS − pour y implanter de premiers équipements sur une quarantaine de sites. Elle conclut un accord du même type avec les supermarchés Safeway.

Parallèlement, elle réussit à convaincre des investisseurs d’apporter des fonds au capital de Theranos. Elle lèvera au total plus de 700 millions de dollars, permettant au passage à Elizabeth Holmes d’être consacrée en 2015 par le magazine Forbes « plus riche self made woman des Etats-Unis » avec une fortune estimée à 4,5 milliards de dollars (soit la moitié, alors, de la valorisation de sa start-up). Pour soigner sa réputation, la compagnie fait entrer à son conseil d’administration des personnalités politiques de premier plan.

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