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Trois satellites espions français mis en orbite

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Trois satellites espions français mis en orbite

Trois satellites espions français mis en orbite

Décollage de Ceres, le 16 novembre 2021 à Kourou, en Guyane.

Ils s’appellent « Ceres ». Ils sont au nombre de trois. Et grâce à leur lancement réussi, mardi 16 novembre, à partir de la base de Kourou, en Guyane, les armées françaises devraient dans les prochains mois disposer d’une capacité de renseignement unique en Europe : l’écoute des signaux radars et de télécommunication. Ce que les spécialistes appellent le renseignement d’origine électromagnétique (ROEM).

Jusqu’à présent, la France devait principalement s’en remettre aux Etats-Unis en la matière. Avec ce lancement, elle estime défendre son autonomie stratégique et rejoint le club des rares puissances militaires mondiales disposant de cette capacité, comme la Russie, la Chine et les Etats-Unis.

Protection et appui aux opérations

Concrètement, les satellites Ceres construits par Airbus Defence and Space et Thales ont deux buts principaux. Le premier est de monter en gamme en matière de renseignement « stratégique ». En clair, il s’agit d’être capable de mieux cartographier le monde des émetteurs, c’est-à-dire l’emplacement des centres de télécommunication ou tous les radars qui détectent, déclenchent ou pilotent des systèmes adverses, notamment liés à des missiles. « On pourra ainsi mieux se protéger de systèmes sol-air ennemis », explique le général Thierry Blanc, adjoint du commandement de l’espace.

Le second intérêt des satellites Ceres pour les armées concerne « l’appui aux opérations », que ce soit pour protéger les troupes intervenant au sol ou les avions durant leurs raids. Ils donnent la possibilité de surveiller « dans la profondeur », selon le général Blanc, des zones peu accessibles jusqu’à présent aux moyens classiques d’interception des signaux ROEM, comme les avions type Awacs ou le navire « collecteur de renseignements » Dupuy-de-Lôme. Une façon de contribuer à la supériorité aérienne de l’aviation française et de limiter les zones dites de « déni d’accès ».

Ces satellites comportent aussi un intérêt pour la marine. Il sera désormais possible de pister beaucoup plus facilement qu’auparavant, en particulier sur la durée, des navires de toutes sortes. Un enjeu important à l’heure où le domaine maritime devient de plus en plus conflictuel, notamment en Méditerranée et en Indo-Pacifique.

Comme tous les satellites français, les Ceres seront opérés à distance par le Centre national d’études spatiales, basé à Toulouse. Les missions qui leur seront confiées et le choix de leur positionnement, en revanche, seront décidés et préparés depuis la base de Creil (Oise), où la direction du renseignement militaire a une bonne part de ses effectifs. C’est aussi à Creil que seront réceptionnées toutes les données collectées. Un énorme enjeu en matière de tri, d’analyse et de stockage.

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