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Un cœur de porc transgénique a été greffé chez un humain

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Un cœur de porc transgénique a été greffé chez un humain

Un cœur de porc transgénique a été greffé chez un humain

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Depuis vendredi 7 janvier, un homme de 57 ans vit avec un cœur de porc génétiquement modifié. Cette première mondiale en matière de xénogreffe – c’est-à-dire de transplantation à partir d’une autre espèce animale – a été annoncée lundi 10 janvier par une équipe de l’université du Maryland (Etats-Unis).

David Bennett, atteint d’une insuffisance cardiaque au stade terminal et d’une arythmie, n’était pas éligible à une transplantation de cœur conventionnelle, ni même à un système de pompe cardiaque artificielle. La Food and Drug Administration (FDA) a donc autorisé cette stratégie expérimentale à titre compassionnel, chez ce patient consentant et sans autre option thérapeutique.

Si le recul encore très limité de l’intervention dirigée par les chirurgiens Bartley Griffith et Muhammad Mohiuddin incite à la prudence, cette première greffe cardiaque de porc est d’ores et déjà reconnue comme un pas important sur la longue route des xénotransplantations. La survie du patient au-delà de 72 heures avec un cœur fonctionnel signifie en effet qu’il n’y a pas eu de rejet hyperaigu de l’organe, l’un des principaux risques des transplantations entre espèces.

Ce succès survient quelques mois après une autre première dans ce domaine, également aux Etats-Unis. Le 25 septembre 2021, une équipe de l’université Langone (New York) avait transplanté un rein de porc chez un humain pendant trois jours sans observer de rejet immunitaire. Le cadre était toutefois bien différent : il s’agissait d’une femme en état de mort cérébrale, et le rein étranger a été raccordé à ses vaisseaux sans être réimplanté dans son abdomen.

« Une véritable prouesse »

Les modifications du cœur porcin réalisées par Revivicor (la firme américaine aussi à l’origine du rein génétiquement modifié) portent au total sur dix gènes. Si le communiqué de l’université américaine du Maryland reste discret sur la technique utilisée pour fabriquer ce cœur dénommé Uheart, il précise que « trois gènes responsables du rejet rapide des organes de porc par les humains, via des anticorps, ont été éliminéschez le porc donneur ». Par ailleurs, « six gènes humains responsables de l’acceptation immunitaire du cœur de porc ont été insérés dans le génome ». Enfin, un gène supplémentaire a été éliminé chez l’animal, « afin d’éviter une croissance excessive du tissu cardiaque du porc ». Le patient reçoit désormais un traitement immunosuppresseur, lui aussi expérimental.

« C’est une véritable prouesse, obtenue grâce à des ciseaux à ADN comme CRISPR-Cas9, qui permettent de purifiergénétiquement des porcs avec une grande précision, et ainsi de franchir la barrière des espèces en proposant des organes utilisables en transplantation humaine », salue le docteur Benoit Averland, directeur adjoint de l’Agence de biomédecine. Selon lui, l’équipe américaine a réussi en jouant sur deux tableaux : prévenir le rejet hyperaigu, qui est l’un des principaux défis des xénogreffes, mais aussi protéger le receveur du risque d’infections par des rétrovirus porcins, autre écueil des transplantations à partir de cochons. « Bien sûr, il faut rester prudent car le recul est encore modeste, il faudra voir ce que devient ce patient dans les semaines et mois à venir, tempère le docteur Averland. Il est d’ailleurs possible que cette xénogreffe ne soit pas définitive et lui permette de passer un cap, rendant possible une transplantation d’un cœur humain dans un deuxième temps ».

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