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« Un sommeil trop réduit ou fractionné peut engendrer des dépressions »

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« Un sommeil trop réduit ou fractionné peut engendrer des dépressions »

« Un sommeil trop réduit ou fractionné peut engendrer des dépressions »

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Pierre Alexis Geoffroy, psychiatre et médecin du sommeil à l’hôpital Bichat (AP-HP), co-organisateur du Congrès du sommeil, qui s’est tenu à Lille du 24 au 26 novembre, décrypte les relations entre le sommeil et les maladies mentales.

Que sait-on des liens entre les maladies psychiatriques et le sommeil ?

Les altérations du sommeil sont des symptômes des troubles psychiatriques. Elles font partie des critères diagnostiques retenus. Ainsi, plus de 90 % des personnes ayant un trouble dépressif ont une plainte concernant leur sommeil, un symptôme qui n’est pas toujours pris en compte. La proportion est de 50 % à 80 % chez les enfants ayant des troubles du neuro-développement [TND], comme les troubles du spectre autistique, le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité [TDAH] ou les dys.

De plus, chez les personnes avec un trouble psychiatrique, il existe une sur-représentation des troubles du sommeil associés tels que les apnées du sommeil (de 25 % à 50 %), le syndrome des jambes sans repos (de 10 % à 20 %), etc.

On oublie aussi souvent de dire que le sommeil est le symptôme résiduel le plus fréquent de ces troubles psychiatriques. Plus de la moitié des gens après une dépression, après un épisode délirant dans le cadre d’une schizophrénie ou après un sevrage pour une addiction à l’alcool vont conserver des problèmes du sommeil. Ces altérations persistantes vont être prédictives d’un mauvais fonctionnement général, d’une mauvaise évolution de la maladie psychiatrique et vont entraîner d’autres maladies, notamment cardiovasculaires et des cancers. Ces intrications ont été mises au jour durant le confinement.

De mauvaises nuits sont-elles la cause ou la conséquence des troubles de l’humeur et de la dépression ?

Cela va dans les deux sens. On sait qu’un sommeil trop réduit ou fractionné ainsi que des désynchronisations des rythmes veille-sommeil peuvent engendrer des dépressions, par exemple. Et le trouble dépressif va s’accompagner d’altérations du sommeil et des rythmes biologiques qui pourront persister en totalité ou en partie après la disparition des symptômes dépressifs. On sait maintenant que ces altérations du sommeil peuvent exister plusieurs années avant l’apparition de la maladie, comme dans les troubles de l’humeur (trouble dépressif ou trouble bipolaire). Ces symptômes apparaissent même souvent au cours de l’enfance ou de l’adolescence. Il est donc important de mieux comprendre les trajectoires de ces patients, les troubles qui apparaissent en fonction de l’âge et l’évolution des symptômes, et donc d’intervenir précocement.

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