Connect with us

Un traitement injectable contre le VIH remboursé en France

Okm2i4

Sciences

Un traitement injectable contre le VIH remboursé en France

Un traitement injectable contre le VIH remboursé en France

Le cabotégravir (ici la structure moléculaire informatisée) est combiné à la rilpivirine pour une injection bimestrielle.

Depuis la mise au point en 1996 des premières trithérapies, les traitements contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) n’ont cessé d’être perfectionnés, pour atteindre une efficacité optimale combinée à une diminution des effets indésirables. Une nouvelle étape dans ce perfectionnement, visant surtout la qualité de vie du patient, vient d’être franchie avec le remboursement depuis le 21 décembre 2021 d’une formule injectable de deux antirétroviraux commercialisée par le laboratoire ViiV Healthcare, après son autorisation par l’Agence européenne des médicaments en décembre 2020.

Administrée tous les deux mois, elle offre la possibilité aux personnes infectées de s’affranchir de la prise quotidienne de comprimés, parfois ressentie comme stigmatisante. « Ce traitement injectable inaugure une nouvelle ère dans le traitement du VIH, fondée sur le principe des traitements à durée prolongée. L’intérêt majeur, c’est que les gens n’ont plus à prendre un comprimé tous les jours », se réjouit l’infectiologue Yazdan Yazdanpanah, directeur de l’Agence nationale de la recherche contre le sida, les hépatites et les maladies émergentes (ANRS/maladies émergentes).

« On est passé de traitements antirétroviraux très lourds comprenant plusieurs comprimés deux à trois fois par jour, avec des contraintes alimentaires et des effets toxiques à long terme, à des associations de traitements limités à seul comprimé par jour en une seule prise, de plus en plus puissant et de mieux en mieux toléré, résume l’infectiologue Laurence Slama, de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris. On assiste aujourd’hui à une nouvelle phase caractérisée par une diversification des traitements antirétroviraux moins toxiques et plus simples. »

Efficacité accrue

« Plus il y a de traitements, mieux c’est, car les patients n’ont pas les mêmes besoins selon qu’il s’agisse d’un travailleur du sexe, d’une personne âgée ou d’un adolescent, mais il reste à savoir qui va préférer ce traitement par rapport aux comprimés, nuance le sociologue Bruno Spire de l’Inserm, qui fut directeur de l’association Aides de 2007 à 2015. Il peut être intéressant pour ceux qui ont du mal à assumer leur séropositivité ou pour des personnes jeunes, qui sont souvent moins observants au traitement que des personnes plus âgées. »

Les médicaments contre le VIH se divisent en différentes catégories, en fonction des enzymes virales qu’ils inhibent. Mais comme pour le virus SARS-CoV-2, le VIH mute, échappant aux pressions exercées notamment par les traitements, selon le mécanisme évolutif décrit par Charles Darwin, ce qui explique l’émergence de variants résistants aux antirétroviraux. D’où l’intérêt des trithérapies initiales permettant aux médecins de combiner ces antirétroviraux, de manière à contrôler efficacement la réplication du virus. Au fil des améliorations qui leur ont été apportées, ces médicaments sont devenus de plus en plus efficaces, permettant d’en diminuer le nombre au sein des combinaisons thérapeutiques.

Il vous reste 63.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Continue Reading
You may also like...
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

More in Sciences

Trending

On en parle

To Top
Recherche.fr