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Une médecine en mouvement pour faire bouger les patients

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Une médecine en mouvement pour faire bouger les patients

Une médecine en mouvement pour faire bouger les patients

Dix mille pas et plus. Vous avez bien cinq minutes, ou au moins une, pour parler d’activité physique (AP) avec vos malades ? Mettre la médecine en mouvement et, plus précisément, fournir une boîte à outils aux professionnels de santé pour qu’ils évoquent, même brièvement, le sujet avec leurs malades et contribuent ainsi à les rendre plus actifs. C’est l’objectif de Moving Medicine, une initiative originale créée par la Faculty of Sport and Exercise Medicine (Edimbourg), l’organisme chargé du développement et de la gouvernance de la médecine du sport et de l’exercice au Royaume-Uni.

Le préparateur physique Xavier Dupuy-planchard au centre, qui a rejoint le programme « Sport et santé sur ordonnance » entraîne des patients lors d’une séance de rééducation dans la baie de Saint-Jean de Luz, dans le sud-ouest de la France, le 21 janvier 2017.

Aussi efficace que des pilules dans bien des maladies, l’AP n’est pas reconnue à sa juste valeur et reste insuffisamment prescrite par le corps médical. « Au Royaume-Uni, l’inactivité physique est la quatrième cause de mauvaise santé (…). Elle y est responsable d’un décès sur six, ce qui équivaut au tabagisme », pointe le site Internet de Moving Medicine, en soulignant que le respect des recommandations d’AP permettrait pourtant d’éviter jusqu’à 40 % des affections de longue durée.

« Il est prouvé qu’un patient sur quatre serait plus actif s’il était conseillé par une infirmière ou un médecin généraliste, mais près des trois quarts de ces derniers ne parlent pas des avantages de l’activité physique à leurs patients par manque de connaissances, de compétences ou de confiance », précise Lacey Anning, coordinatrice de ce projet.

Pour leur faciliter la tâche, le site Moving Medicine propose des supports très pragmatiques en fonction de l’âge des malades, du contexte clinique (cancer, dépression, diabète, amputation, grossesse…) mais aussi – et c’est sans doute l’idée la plus maligne de ses créateurs – du temps qui peut y être consacré lors de la consultation : une minute, cinq ou plus. Dans le même esprit, une section est consacrée au milieu hospitalier.

Des bénéfices largement supérieurs aux risques

Récemment, l’équipe de Moving Medicine a publié un texte de consensus dans le British Journal of Sports Medicine, rappelant que dans les maladies chroniques les bénéfices de l’activité physique sont largement supérieurs aux risques. Ces derniers peuvent cependant être perçus comme importants par les patients et constituer un frein aux pratiques. Pour lever les réticences, ces auteurs préconisent d’informer soigneusement les malades chroniques à propos des (rares) contre-indications à l’AP et des principaux symptômes pouvant se manifester à l’effort (douleurs, fatigue, palpitations…).

Lancée en Angleterre et en Ecosse fin 2018, l’initiative commence à se développer dans d’autres pays, notamment en Australie, mais aucun contact n’a encore été noué avec des Français. « C’est un travail énorme et une réponse pratique aux besoins de médecins qui se sentent souvent démunis sur ces sujets et disent manquer de temps », s’enthousiasme le cardiologue François Carré (CHU de Rennes), qui découvre le projet.

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