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Yves Coppens : « Quand vous fouillez, le passé vous arrive en ligne directe, c’est inoubliable »

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Yves Coppens : « Quand vous fouillez, le passé vous arrive en ligne directe, c’est inoubliable »

Yves Coppens : « Quand vous fouillez, le passé vous arrive en ligne directe, c’est inoubliable »

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Depuis cinquante ans, il est le visage de la paléontologie en France. L’homme qui vous replonge des millions d’années en arrière comme s’il ouvrait la porte de son jardin. Ancien directeur du Musée de l’homme, professeur émérite au Collège de France, Yves Coppens, 87 ans, doit sa notoriété à la découverte, en 1974, de Lucy, l’australopithèque la plus célèbre du monde. Une reproduction de sa tête trône d’ailleurs sur une étagère de son bureau parisien, à côté du buste de son maître, le paléontologue Camille Arambourg, d’une maquette du Pen-Duick II d’Eric Tabarly et du Mickey d’Or du futur, décerné par les lecteurs du Journal de Mickey, l’une de ses plus grandes fiertés, jure-t-il, l’œil rieur.

Je ne serais pas arrivé là si…

… Si en 1948, un ami de mon grand-père, Joseph Bouix, ne m’avait emmené sur les bords du golfe du Morbihan devant un petit site gaulois, qui se manifestait par des quantités de tessons de poterie dans la terre, au-dessus d’une petite falaise. J’ai eu ce qu’on appelle parfois le « syndrome de Stendhal ». Stendhal était tombé littéralement malade devant un tableau, à Florence. J’étais tellement fasciné que j’étais hébété. Je me rappelle que ce vieux monsieur charmant et chauve riait et se tapait sur la tête. Cela a été le début de mon engagement sur le terrain, et ce qui a inscrit en moi, physiquement, la passion pour le passé.

Mais cette passion remonte, en réalité, à beaucoup plus loin, à 1940 ou 1941, sans doute. Mon père, qui était mobilisé sur le front, était revenu des Ardennes avec trois petits fossiles, trois petites coquilles de l’ère secondaire qu’on appelait « des griffés ». Un premier choc. Ensuite, on m’a offert des petites monnaies médiévales qui me fascinaient autant que les fossiles de quelques milliers ou quelques millions d’années.

Sans doute est-ce dû à la force de l’imagination. Comme celle que je retrouve chez les enfants qui m’écrivent ou que je rencontre dans les classes où l’on m’invite. Je me souviens d’une classe de CE2, au deuxième étage d’une école, à laquelle je parlais d’un dinosaure, Supersaurus. Quand j’ai dit que, si ce dinosaure était dans leur cour, sa tête serait au-dessus de la fenêtre, toute la classe s’est tournée pour voir la tête. C’est ça, l’imagination.

Cette passion a-t-elle occupé toute votre enfance ?

Oui, toute. A 10 ans, elle était déjà si forte que j’ai été présenté à la Société polymathique du Morbihan, à Vannes, où nous habitions. Cette société avait un musée d’archéologie extraordinaire et une bibliothèque magnifique. Malgré mon jeune âge, j’avais été autorisé à demander à la concierge la clé pour ouvrir le musée et la bibliothèque. Dans ce petit château du XVe siècle, j’ai passé des moments de merveilleuse solitude extrêmement meublée.

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