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Zéphyr, un micro-lanceur 100% français !

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Zéphyr, un micro-lanceur 100% français !

Zéphyr, un micro-lanceur 100% français !

Le 6 décembre Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a annoncé un investissement d’1,5 milliard d’euros pour développer le secteur spatial français et notamment le secteur des petits lanceurs. Aux côtés d’ArianeGroup, qui a annoncé la mise sur le marché d’un mini lanceur réutilisable d’ici 2026, d’autres PME et start-ups françaises devraient bénéficier du soutien financier et technique du Cnes, l’agence spatiale française. Ce sera le cas notamment de la jeune pousse Venture Orbital Systems, fondée il y a deux ans par Stanislas Maximin, 22 ans.

« L’objectif de Venture Orbital Systems : créer une fusée adaptée aux petits satellites »

Sciences et Avenir : Comment est née Venture Orbital Systems ?

Stanislas Maximin : L’idée a émergé en avril 2019. Nous étions trois passionnés du New Space, convaincus par ailleurs que les petits satellites pouvaient nous permettre de faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés, tel le changement climatique ou les migrations. Or si les satellites ont diminué en taille ces dernières années, la taille et la puissance des fusées n’a fait qu’augmenter. Le lanceur européen Ariane 5 peut ainsi mettre jusqu’à 20 tonnes en orbite.

En quoi est-ce un problème pour les petits satellites ?

Les petits satellites de type cubesats et nanosats ne sont inclus dans ces transports que comme charge utile secondaire. C’est le client principal qui décide où aller et quand. Par conséquent, les petits satellites ne sont pas forcément injectés sur la bonne orbite, ce qui entraîne une perte de résolution. Sans compter les retards : un petit satellite peut ainsi attendre 12 à 24 mois avant d’être mis en orbite. La solution consiste donc à créer une fusée adaptée aux petits satellites. C’est l’objectif de Venture Orbital Systems.

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Injection en orbite d’un nanosatellite par le lanceur Zephyr. ©Venture Orbital Systems.

Quelles sont les caractéristiques de ce petit lanceur ?

Zéphyr est un lanceur à deux étages de 15 mètres de haut et 1,2 mètre de diamètre. Il pourra emporter jusqu’à 70 kilos de charge utile à 600 kilomètres d’altitude. Nous prévoyons une cadence d’un lancement par semaine. Chaque client aura son propre taxi dédié. Pour les moteurs, qui sont l’élément le plus coûteux dans une fusée et qui nécessitent des savoir-faire complexes, nous nous sommes associés avec un groupe d’ingénieurs qui ont conçu un moteur entièrement imprimé en 3D.

Où en êtes-vous de sa production ?

Nous nous sommes installés à Reims et avons inauguré notre usine de 1700 m2 en octobre dernier. Les premiers réservoirs en composite de carbone ont été livrés et nous envisageons de recruter 45 personnes l’an prochain. Les tests des sous-systèmes commenceront en 2022. Le lanceur sera ensuite assemblé en vue du tir du démonstrateur Boréal prévu fin 2023. Il devrait se faire depuis le nord de l’Europe : soit depuis la base de lancement de l’île d’Andøya dans le Nord de la Norvège, soit depuis la région de Sutherland, dans le nord de l’Ecosse. Le premier vol commercial devrait ainsi avoir lieu en 2024.

« Au début, il n’y aura pas de récupération d’éléments de la fusée »

Que pensez-vous des annonces de Bruno Lemaire ?

Elles sont un peu le fruit de notre travail. En 2019, tout le monde nous répétait qu’en France il n’y avait pas d’intérêt, pas de marché pour les petits lanceurs. Mais nous avons continué avec la seule force de nos convictions pendant deux ans, sans soutien. Puis le Cnes nous a aidé à développer notre moteur et nous avons ensuite été soutenu par Reims pour notre installation. Avec l’investissement annoncé par le ministre, la France a l’opportunité de retrouver la compétitivité sur le marché des micro-lanceurs, qui se développent aujourd’hui dans plusieurs pays, notamment en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni.

Votre lanceur sera-t-il réutilisable ?

Au début, il n’y aura pas de récupération d’éléments de la fusée. Notre priorité est d’apprendre à voler avant de réutiliser. L’industrialisation des procédés de production du lanceur permettra d’abaisser les coûts. Mais à plus long terme, on réfléchit à la réutilisation des deux étages. Cela pourrait se faire à la manière des Falcon 9 de SpaceX, qui viennent se reposer sur la base, soit en utilisant des parachutes.

Quel sera le prix d’un lancement et qui seront vos clients ?

Nous tablons sur un prix de 35.000 dollars le kilo mis en orbite. Pour l’instant, nous sommes en pourparlers avec des écoles comme l’Estaca ou Polytechnique, et plus largement le monde de la recherche et des ingénieurs.

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