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avec la « police de l’eau » dans les Alpes-Maritimes

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Madame la maire de Roquestéron est « en colère ». Danielle Chabaud, pimpante retraitée qui vit son second mandat sans étiquette à la tête de cette petite commune du haut pays niçois, ne comprend pas qu’un agent de la force publique veuille lui interdire d’arroser les plantes vertes qui embellissent son joli village de 577 habitants. Ni qu’il empêche ses concitoyens d’irriguer leurs potagers. « Nous sommes très sensibles à la sécheresse mais, pour l’arrosage, nous utilisons une source d’eau non potable qui se perdrait de toute façon… », se défend-elle, courroucée.

René Bonvallat, agent de l’Office francais de la biodiversité (OFB), rappelle à la maire de Roquestéron, Danielle Chabaud, les règles en vigueur en période de crise sécheresse. Alpes-Maritimes, le 29 juillet 2022.

En face, René Bonvallat ne fléchit pas. Polo gris siglé « Police de l’environnement », arme et chargeur à côté, triple barrette de chef technicien, ce représentant de l’Office français de la biodiversité (OFB) rappelle les règles avec pédagogie. « Nous sommes en période de crise sécheresse, l’arrosage d’agrément n’est pas autorisé, quelle que soit l’origine de l’eau », précise-t-il sobrement, arrêté préfectoral à la main.

Ce vendredi 29 juillet, l’équipe de l’OFB qu’il dirige effectue une de ses deux missions hebdomadaires de « contrôle de l’utilisation de la ressource en eau ». La veille, face à l’aggravation de la situation, le préfet des Alpes-Maritimes a pris un nouvel arrêté. Son septième depuis le 9 mars, où il a enclenché le « stade de vigilance », premier des quatre niveaux du plan sécheresse. En cette fin juillet, cinq zones du département sur dix sont désormais classées en « crise », stade ultime des restrictions. Près de soixante communes sont concernées, dont des stations balnéaires comme Antibes, Menton ou Roquebrune-Cap-Martin.

« C’est une situation que je n’ai jamais connue », convient René Bonvallat, Jurassien d’origine installé à Nice depuis huit ans. Chef adjoint du service départemental de l’OFB, ce spécialiste des milieux aquatiques voit certains cours d’eau à sec pour la première fois. Var, Loup, Roya, Artuby, Estéron… : les rivières et fleuves qui déboulent des Alpes ont des débits faméliques. « Il y a eu un déficit de précipitations de plus de 50 % entre octobre 2021 et mars 2022, après un hiver 2020-2021 déjà déficitaire. Si on enchaîne sur une troisième année comme cela, ce sera la catastrophe », prévient-il.

« Des choses nous échappent »

Depuis la mi-juillet, les agents de l’OFB, en collaboration avec ceux de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), contrôlent l’application des contraintes préfectorales. Dans les Alpes-Maritimes, ils ne sont qu’une dizaine pour couvrir un territoire de plus d’un million d’habitants qui, à l’été, voit affluer près de cinq millions de touristes. « On sait pertinemment que des choses nous échappent » concède le chef technicien Bonvallat.

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Written by Stephanie

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