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Pour l’ONU, la crise climatique est en train d’atteindre une « portée destructrice inouïe »


Une aciérie alimentée au charbon dans le village de Hehal, dans l’Etat oriental de Jharkhand (Inde), le 26 septembre 2021.

Canicules en Europe et en Chine, inondations dévastatrices au Pakistan, sécheresses prolongées dans la Corne de l’Afrique, incendies historiques aux Etats-Unis… Les événements extrêmes ne cessent d’empirer, battant des records à une fréquence toujours plus alarmante. Sans mesures radicales, la crise climatique sera de plus en plus dévastatrice, touchant en premier lieu les populations les plus vulnérables, prévient l’Organisation des Nations unies (ONU) dans son rapport United in Science, publié mardi 13 septembre. Elaboré par plusieurs institutions internationales, sous la coordination de l’Organisation météorologique mondiale, il rassemble les conclusions d’une dizaine de publications récentes autour du climat.

« Ce rapport montre que le changement climatique est en train d’atteindre une portée destructrice inouïe, s’inquiète le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans un message vidéo. Pourtant, alors même que les symptômes s’aggravent rapidement, nous nous enfonçons chaque année un peu plus dans notre addiction aux combustibles fossiles. »

Emissions de CO2 en hausse

Les émissions de gaz à effet de serre, essentiellement provoquées par la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz), sont en effet reparties à la hausse. En 2021, elles avaient déjà retrouvé leurs niveaux d’avant la pandémie de Covid-19 – qui a entraîné une chute des rejets en 2020. C’est désormais pire : les émissions mondiales de CO2 enregistrées entre janvier et mai 2022 sont supérieures de 1,2 % à celles de la même période en 2019, qui était pourtant une année record, selon des données préliminaires du Global Carbon Project, un consortium de scientifiques.

Un avion-citerne intervient sur l’incendie  « Mosquito Fire » près de Volcanoville, dans le nord de la Californie, jeudi 8 septembre 2022.

Elles sont tirées par la production d’électricité et l’industrie, avec des hausses marquées en Inde (+ 7,5 %), aux Etats-Unis (+ 5,7 %) et dans la plupart des pays européens (+ 10 % en Espagne par exemple). Les émissions sont en augmentation de 2,2 % à l’échelle de l’Union européenne et de 3 % en France. D’autres Etats restent à des niveaux inférieurs à ceux de 2021, comme le Brésil, la Russie (du fait de la guerre en Ukraine) et la Chine, en raison de politiques de confinement prolongées.

« L’action climatique piétine sur des fronts essentiels, et les pays et les populations les plus pauvres sont les plus durement touchés », M. Guterres, secrétaire général de l’ONU

Les deux maux étant liés, les concentrations de gaz à effet de serre ont encore battu des records en 2021 et continuent d’augmenter depuis. En mai 2022, la concentration de CO2 a atteint 421 parties par million (ppm), un niveau inégalé depuis au moins deux millions d’années.

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