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Blue Origin, Virgin Galactic, SpaceX… Que représente le coût écologique du tourisme spatial?



Pour quelques minutes de plaisir en apesanteur, les entreprises spécialisées dans le tourisme spatiale risquent d’accélérer encore un peu plus le dérèglement climatique par les émissions de CO2, de vapeur d’eau ou de suies.

Une pollution inutile? Ce jeudi, Blue Origin a lancé sa sixième mission de tourisme spatial. Un vol observé par de nombreux amateurs, mais également très critiqué pour la pollution qu’il engendre. Beaucoup craignent en effet que les émissions liées à cette industrie naissante soient trop importantes.

En réalité, il est très difficile de savoir avec certitude le coût écologique d’un vol, puisque les données sont tenues secrètes par les entreprises concernées. Blue Origin a d’ailleurs tenté de se défendre face à cela.

“Le moteur de la fusée New Shepard fonctionne grâce à de l’oxygène liquide et de l’hydrogène propres. Pendant le vol, la combustion ne produit que de la vapeur d’eau sans émission carbonique”, a déclaré un porte-parole au magazine Time.

Seulement, comme le rappelle le Time, la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre. Selon la Nasa, il s’agit même du plus important sur Terre, responsable de plus de la moitié des effets de serre subis par la planète.

SpaceX contourne le problème?

Concernant Virgin Galactic, des données ont été rendues publiques grâce à une enquête de la Federal aviation administration américaine datant de 2012. Dans ce texte, l’agence américaine révèle que les vols de SpaceShipTwo rejettent 27,17 tonnes de CO2, ce qui correspond à près 140.000 km en voiture selon le convertisseur CO2 de l’ADEME.

Peu d’informations circulent sur le poids écologique de SpaceX. Pour prévenir des critiques, Elon Musk a cependant assuré en décembre dernier qu’il comptait récupérer du CO2 présent dans l’atmosphère pour le transformer en carburant pour ses fusées.

Cependant, le CO2 et la vapeur d’eau pourraient ne pas être la pollution la plus grave dans le cadre du tourisme spatial. En effet, les vols spatiaux produisent beaucoup de suies selon une étude publiée dans Earth’s Future en juin dernier. Et le fait qu’elle en produise beaucoup moins que le trafic aérien classique n’amenuise pas le problème en fonction de la hauteur à laquelle cette particule fine est rejetée.

La suie “directement injectée dans l’atmosphère supérieure” avec les fusées a un impact sur le changement climatique “500 fois plus important que toutes les autres sources de suies”, comme les avions de ligne, écrivent les auteurs de l’étude.

Les inquiétudes risquent de s’aggraver avec le temps, puisque les entreprises de tourisme spatial comptent augmenter de manière exponentielle le nombre de vols. En 2021, Virgin Galactic déclarait vouloir atteindre 3 vols touristiques par mois en 2023, un rythme qui pourrait être suivi par les entreprises concurrentes.

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Written by Milo

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