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Le pic de la neuvième vague de Covid-19 est-il passé? Les facteurs qui invitent à la prudence



La particularité de cette vague de Covid-19 est qu’elle est associée à des épidémies de grippe et de bronchiolite. De quoi mettre l’hôpital sous pression.

Est-ce le début de la fin de la neuvième vague épidémique du Covid-19 en France? Santé publique France recensait jeudi 70.224 nouveaux cas de Covid-19, une baisse de 7% en sept jours. En moyenne glissante sur sept jours, le nombre de cas quotidiens de Covid-19 était de 60.450, en diminution pour le deuxième jour d’affilée.

Pour autant, Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, n’interprète pas ces chiffres comme une lueur d’espoir pour l’hôpital, notamment parce que le Covid n’est pas la seule maladie en circulation.

“Cette vague est particulière parce que c’est une triple épidémie”, souligne-t-il auprès de BFMTV.com.

Cette saison est en effet marquée par une cohabitation du Covid-19, de la grippe et de la bronchiolite, qui met les services hospitaliers sous pression.

Parler de syndromes respiratoires hivernaux

Selon le bilan hebdomadaire de Santé publique France (SPF), publié ce mercredi, l’épidémie de grippe a actuellement gagné toutes les régions de France métropolitaine. Les derniers jours ont été marqués par une poursuite de l’augmentation des indicateurs de la grippe dans toutes les classes d’âge et une “forte hausse des hospitalisations” (+117%), note SPF.

Les hospitalisations pour bronchiolite, une infection respiratoire potentiellement grave pour les bébés, ont atteint de leur côté un niveau sans précédent depuis une dizaine d’années.

Malgré une diminution la semaine dernière des passages aux urgences et des hospitalisations pour bronchiolite, “signant le passage très probable du pic de l’épidémie”, cette dernière se poursuit “à un niveau élevé” en France métropolitaine ainsi qu’en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à Mayotte, selon le bulletin de SPF publié mercredi.

“Ce qui nous préoccupe, c’est qu’il y a toujours des hospitalisations pour beaucoup de grippes, de Covid et d’autres infections respiratoires”, explique à BFMTV.com Benjamin Davido, qui appelle à être “extrêmement prudent sur la diminution des contaminations” pour le Covid-19.

L’infectiologue estime qu’il faut “communiquer sur toutes les épidémies à la fois: il faut parler, comme on le faisait avant, de syndromes respiratoires hivernaux”.

Attention à la reprise de janvier

Comment doit-on alors envisager les fêtes de fin d’année, qui sont pour beaucoup de personnes des moments de réunions en famille? “Paradoxalement, les vacances de Noël vont nous sauver”, estime le docteur Davido. Pour ce troisième Noël sous pandémie, l’infectiologue anticipe que les familles vont faire “particulièrement attention”, en se faisant tester avant par exemple: “c’est une prise de risques calculée”.

Les choses risquent toutefois de se corser une fois les fêtes terminées. La cinquième vague de l’épidémie de Covid-19, débutée en novembre 2021 et poussée par le variant Omicron, l’a bien montré. Elle a atteint des sommets au mois de janvier, le nombre de contaminations quotidiennes se comptant parfois en centaines de milliers.

Plusieurs facteurs l’expliquent. Les rentrées scolaires sont par exemple une cause de reprise épidémique: la situation de janvier 2022 était “en partie liée à une circulation très active du virus dans les écoles primaires, les maternelles”, selon un avis du Conseil scientifique du 19 janvier.

Une crise énergétique qui n’aide pas

Le climat froid est aussi un élément qui favorise la transmission virale, quel que soit ce virus. “On espère des températures moins hivernales pour permettre de plus aérer les pièces. Le meilleur moyen de se protéger, au-delà des gestes barrières, c’est l’aération”, rappelle aussi Benjamin Davido.

“Et là, on dit aux gens de fermer les fenêtres et mettre des pulls pour éviter le gaspillage énergétique”, déplore l’infectiologue.

Pour les fêtes, mais également après, le docteur Davido recommande de “se laver les mains, mettre un masque dans les transports ou les magasins bondés, peut-être éviter tel déjeuner ou telle soirée”. En bref: “réadopter les réflexes qu’on avait en 2020 ou 2021”. Il cite également la vaccination contre le Covid-19, dont la dernière campagne de rappel, lancée cet automne, peine à vraiment démarrer.

Le risque si ces mesures ne sont pas prises? Créer une “épidémie durable” et “faire basculer l’hôpital”, avertit Benjamin Davido. “On sous-estime l’impact psychologique de ce jour sans fin sur les soignants”, dénonce l’infectiologue.



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