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« Planter des arbres est une excellente stratégie de communication » mais ne fait pas une politique forestière


Le président de la République ne s’y est pas trompé : annoncer que l’on va planter des arbres est une excellente stratégie de communication. Après les 50 millions d’arbres du plan de relance, les 140 millions d’arbres de la campagne présidentielle, nous voici donc au milliard d’arbres d’ici à 2030.

Une révolution ? Chaque année, nous plantons environ 85 millions d’arbres en France, soit 850 millions en dix ans. L’annonce du président de la République n’a donc rien de si spectaculaire, mais surtout le débat n’est pas là.

Nos forêts souffrent des premiers effets du changement climatique et doivent affronter de multiples aléas dont la fréquence et l’intensité augmentent : incendies, sécheresses, ravageurs, gelées tardives, tempêtes ou encore épisodes de grêle. La question cardinale qui devrait guider nos choix est celle de la stratégie à mettre en place pour renforcer la résistance et la résilience de nos forêts.

En plein soleil sur de grandes surfaces

Or, le nombre d’arbres plantés est un très mauvais indicateur pour évaluer la réussite d’une telle stratégie. Une leçon majeure qui se dégage, après plusieurs années avec des températures record, c’est qu’il faut arrêter de planter en plein soleil sur de grandes surfaces. Le taux de mortalité par déshydratation des jeunes plants explose. C’est pourtant ce type de plantation qui est le plus fréquent.

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Afin de limiter cette mortalité, une solution consiste à planter à l’ombre, dans de petites trouées où les jeunes plants seront mieux protégés des coups de chaud par l’ambiance forestière. Pour un même nombre d’arbres plantés, ces petites plantations permettraient ainsi de restaurer de façon durable une surface de forêt trois ou quatre fois plus importante.

Contrairement aux grandes coupes rases, ce type de plantation permet, en plus, de maintenir le stock de carbone et l’ensemble des services écosystémiques fournis par la forêt. Une stratégie plus complexe mais plus efficace qui est adoptée par un nombre croissant de forestiers.

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Le problème est qu’elle se heurte à des intérêts économiques divergents. Pour une autre partie de la filière forêt bois, l’adaptation des forêts au changement climatique est un alibi bien pratique pour planter des résineux, plus adaptés aux besoins de l’industrie.

Le douglas n’est pas adapté

La première vague de plantation du plan de relance a permis de constater les dégâts : faute de critères écologiques rigoureux, de nombreuses forêts abusivement qualifiées de pauvres ou de vulnérables ont été rasées alors qu’elles étaient en bonne santé. Le douglas, très recherché pour la qualité de son bois, a été l’arbre le plus planté. Sauf que cet arbre n’est pas adapté à un climat qui se réchauffe.

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Written by Stephanie

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