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TOUT COMPRENDRE – Objectif Lune: à quoi va servir la mission Artemis I de la Nasa?


Cette première mission non-habitée doit récolter de nombreuses informations sur la Lune et son environnement spatial, afin d’y envoyer de nouveau des astronautes.

La mission Artemis I de la Nasa doit décoller ce lundi. Ce voyage jusqu’à la Lune est le premier de plusieurs autres qui doivent, à terme, permettre à l’homme de se rendre sur Mars. Sans astronaute à bord, cette première expédition menée par l’agence spatiale américaine a pour objectif de préparer un vol habité et de récolter de précieuses données scientifiques.

Si la météo le permet, le vaisseau Orion décollera pour la Lune du centre spatial Kennedy en Floride (États-Unis) lundi à partir de 8h33 heure locale (14h33 à Paris), avec la fusée Space Launch System (SLS) de la Nasa. Le voyage doit durer 42 jours, 3 heures et 20 minutes, avec un retour prévu le 10 octobre.

· En quoi consiste cette nouvelle mission?

Artemis I est “la première d’une série de missions de plus en plus complexes”, explique la Nasa. Pour ce premier voyage, il ne s’agit donc pas d’atterrir sur la Lune, mais de placer le vaisseau Orion, parti sans équipage, en orbite autour de notre satellite.

“Le vaisseau spatial effectuera un survol de la Lune, utilisant la gravité lunaire pour gagner de la vitesse et se propulser à 70.000 km au-delà de la Lune, à près d’un demi-million de km de la Terre – plus loin qu’aucun humain n’a jamais voyagé”, écrit l’Agence spatiale européenne, qui participe au projet et a fourni le module de service.

Trajectoire d'Artemis 1 autour de la Lune
Trajectoire d’Artemis 1 autour de la Lune © ESA

· Pourquoi organiser une mission sans équipage?

L’objectif de ce vol “est de tester la fusée et sa capsule sans équipage pour s’assurer qu’elles pourront bien transporter un équipage de retour sur notre satellite dès 2024”, explique Stan Love, astronaute de la NASA.

Cette mission a donc valeur de test pour Orion. L’objectif numéro 1 de la mission est de tester le bouclier thermique de la capsule, le plus grand jamais construit (5 mètres de diamètre). À son retour dans l’atmosphère terrestre, il devra supporter une vitesse de 40.000 km/h et une température de 2800°C. Le vaisseau sera freiné jusqu’à 480 km/h par l’atmosphère, puis 32 km/h par une série de parachutes, jusqu’à son amerrissage au large de la ville californienne de San Diego.

La capsule emportera avec elle un mannequin baptisé Moonikin Campos, installé dans le siège du commandant et vêtu de la nouvelle combinaison de la Nasa. Il enregistrera l’accélération et les vibrations subies. Deux mannequins de femmes, nommés Helga et Zohar, seront également à l’intérieur. Ils sont composés de matériaux imitant les os ou même les organes humains.

L’un sera vêtu d’une veste anti-radiation, l’autre non. Des capteurs permettront d’évaluer les taux de radiations reçus, notamment dans l’espace lointain, où les radiations sont bien plus importantes, et d’évaluer la protection nécessaire à fournir aux futurs passagers.

Un grand nombre de caméras embarquées permettront de suivre tout le voyage, par exemple du point de vue d’un passager dans la capsule.

· Quelles expériences scientifiques seront menées?

Orion transportera plusieurs projets de recherche. Un ensemble de dix CubeSats, des microsatellites grands comme une boîte à chaussures, seront ainsi déployés par l’étage supérieur de la fusée. Ces “petits vaisseaux spatiaux” mèneront “chacun leur propre mission scientifique”, explique Jacob Bleacher, à la tête du service de l’exploration humaine pour la Nasa.

Certaines ont pour mission de récupérer des informations sur la Lune: de quoi est-elle faite? Quel type de roche ou de glace y trouve-t-on? L’une de ces boîtes a même pour objectif d’alunir. Il s’agira également de comprendre et d’analyser l’environnement et la météo, mais aussi de tester des systèmes de propulsion.

D’autres expérimentations essayeront de réunir des informations sur la biologie spatiale, afin d’observer comment des organismes terrestres réagissent dans l’espace. En somme, “comment la vie réagit à l’environnement spatial”, déclare Jacob Bleacher. Des graines, des champignons, de la levure, des algues seront ainsi transportés à bord du vaisseau, et seront analysés au retour, pour mesurer l’incidence des radiations sur eux, notamment au-delà de la Lune.

· À quand la prochaine mission?

Après Artemis I, Artemis II doit effectuer le même vol mais avec un équipage. Ces astronautes, voyageront donc “plus loin dans le système solaire que l’humanité n’a jamais voyagé auparavant”, et cette mission “permettra à l’équipage de pratiquer des opérations essentielles au succès d’Artemis III”, soit la mission du retour de l’homme sur la Lune, écrit la Nasa.

“Ces vols d’essai démontreront les capacités dont nous avons besoin pour faire atterrir la première femme et le prochain homme sur la Lune d’ici 2024 et permettre des missions durables pour les décennies à venir”, explique Mike Sarafin, chef de mission Artemis.

Il s’agira ensuite d’établir “la première présence à long terme sur la Lune”, écrit l’agence spatiale américaine. Toutes ces expériences servent surtout un objectif plus lointain, car “retourner sur la Lune c’est se préparer pour des missions habitées beaucoup plus lointaines, et on pense bien sûr à ce moment là à la planète Mars”, explique à BFMTV Olivier Sanguy, rédacteur en chef du site de la Cité de l’espace.

Un objectif qu’affiche clairement la Nasa: “ous utiliserons ce que nous apprendrons sur et autour de la Lune pour faire le prochain pas de géant, envoyer les premiers astronautes sur Mars.”

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

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Written by Milo

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