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« Tout ce que je m’attendais à voir était faux »



Il y a un an jour pour jour, William Shatner, le célèbre capitaine Kirk de la série Star Trek, réalisait son rêve d’aller dans l’espace. De ce voyage extraordinaire, il n’en est pas revenu indemne, comme il l’a expliqué à un magazine américain.

Habitué des voyages dans l’espace — mais en studios — en tant que commandant de l’USS Enterprise dans la série épique Stark Trek, William Shatner, 91 ans, alias le capitaine Kirk, a eu le bonheur, il y a un an jour pour jour, de réaliser un vol à bord de la capsule New Sheppard de Blue Origin, aux côtés d’Audrey Powers, Chris Boshuizen et Glen de Vries. Mais cela n’a pas été tout à fait une extase quand on lit ce qu’il a confié au magazine américain Variety ce week-end. Au contraire, un an après cette aventure, l’acteur parle plutôt de la profonde tristesse qui l’a envahi quand il était aux portesportes de l’espace durant ce vol de 10 minutes. Pas vraiment la joie ni la fête à laquelle il s’attendait, même si à ce moment il avait lâché plein de « oh ! Waouh ».

« Le contrastecontraste entre le froid vicieux de l’espace et la chaleur nourricière de la Terre en dessous m’a rempli d’une tristesse accablante, écrit-il. Chaque jour, nous sommes confrontés à la connaissance de nouvelles destructions de la Terre par nos mains : l’extinction des espècesextinction des espèces animales, de la flore et de la faunefaune…, des choses qui ont mis 5 milliards d’années à évoluer, et que soudain nous ne reverrons plus jamais à cause de l’ingérence de l’humanité. Cela m’a rempli d’effroi, continue-t-il. Mon voyage dans l’espace était censé être une fête ; au lieu de cela, elle a ressemblé à un enterrement ».

Des mots durs et poignants de la part d’un homme qui réalisait du haut de son vaisseau-balcon combien notre monde est fragile. « Tout ce que je pensais était faux. Tout ce que je m’attendais à voir était faux », ajoute-t-il.

William Shatner pris par l’« overview effect »

Comme beaucoup d’autres voyageurs de l’espace avant lui, William Shatner a été pris d’un mal désormais bien connu nommé « overview effect », et que l’on peut traduire par « effet de surplomb » ou « effet de vue d’ensemble ».

Le héros de Star Trek n’est pas le premier a exprimer de tels sentiments de mélancolie, voire de déprime au moment de voir la Terre dans son ensemble, à distance ou en surplomb, de la voir pareille à une bulle bleue très fragile. Une forme de blues pour la Planète bleue si l’on peut dire qui, en même temps qu’un chagrin irrépressible et la peur de perdre ce qui nous est le plus cher, fait prendre conscience soudainement de sa fragilité, sous sa fine membrane atmosphérique, et de l’urgence d’agir. La Terre apparait alors comme une oasis vulnérable au milieu du désertdésert immense de l’espace ; une île, la seule connue, où il est possible de vivre. Et partout ailleurs, dans toutes les directions, tout autour de la Terre : l’angoissant et profond vide spatial. Un vide qui n’est pas le néant, mais insondable et peut saisir d’effroi. Au contraire de la Terre qui, dans sa « chaleur nourricière », est si profondément accueillante, et très rassurante. C’est notre berceau et c’est notre maison douillette dont il est impératif de prendre soin si nous ne voulons pas qu’elle se transforme en désert stérile comme Mars.

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« La principale menace actuelle n’est pas les astéroïdes ou les éruptions solaires, c’est nous », témoignait l’astronaute professionnel Chris Hadfield au Irish Times il y a quelques années.

Je suis curieux de savoir si Jeff BezosJeff Bezos, ancien patron d’AmazonAmazon et fondateur de Blue Origin, avait ressenti cet « overview effect » quand il a fait son premier voyage dans l’espace à bord de son vaisseau.

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Written by Stephanie

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