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« L’Allemagne n’a aucun intérêt à faire cavalier seul »


« Tandis qu’en Ukraine le fracas des missiles russes s’intensifie, un autre vacarme, plus proche de nous, menace de se faire entendre dans les prochains mois. Il s’agit cette fois-ci d’un double vrombissement de l’autre côté du Rhin, le « Doppel Wumms » (littéralement « double vroum »), comme l’a baptisé Olaf Scholz. Le chancelier compare l’économie allemande à une grosse cylindrée, qu’il faut faire rugir à nouveau en appuyant sur la pédale d’accélérateur.

La première impulsion avait été donnée dans la foulée de la pandémie de Covid-19, avec l’injection de 130 milliards d’euros. Alors que l’Allemagne s’apprête à entrer en récession en 2023, un second vrombissement est en préparation, à hauteur de 200 milliards d’euros. Cette somme est destinée à amortir les effets de la crise énergétique, notamment en allégeant le fardeau de la folle envolée des prix du gaz et de l’électricité, qui plombe le budget des ménages et les coûts des entreprises.

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Que l’Allemagne en ait sous le capot, personne n’en doutait. Mais l’idée de faire vrombir son moteur en solo n’est pas du goût de ses partenaires européens. Berlin est accusé de vouloir utiliser ses confortables marges de manœuvre budgétaires pour protéger sa compétitivité au détriment de ses voisins. Une énième version de La Cigale et la Fourmi serait en train de s’écrire. Grâce à une gestion rigoureuse de ses finances publiques et une accumulation d’excédents budgétaires et commerciaux, la fourmi allemande dispose de moyens disproportionnés par rapport aux cigales française ou italienne, qui, en ces temps de bise énergétique, se retrouvent fort dépourvues.

Fenêtre de tir

Mais un autre vent est en train de se lever. Celui d’un certain antigermanisme. Les Allemands sont suspectés de sacrifier les intérêts européens sur l’autel de leur égoïsme. S’il ne faut pas sous-estimer les risques que fait peser ce fonds d’urgence, il convient d’en relativiser la portée et surtout de s’appuyer sur cette initiative pour accélérer la construction d’une politique énergétique européenne.

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Les risques, d’abord. Ils ont été évoqués par deux commissaires européens, Thierry Breton et Paolo Gentiloni, qui mettent en garde contre « une course aux subventions » susceptible de « remettre en question les principes de solidarité et d’unité qui sous-tendent notre projet européen ».

Mais avant de crier au loup, il faut se pencher sur ce que recouvre ce plan. Premièrement, il s’agit avant tout de profiter d’une fenêtre de tir avant que les règles budgétaires allemandes, suspendues pendant la pandémie de Covid-19, ne soient réactivées à partir de janvier 2023. L’idée est donc de dégager préventivement des capacités d’endettement dans la perspective d’un retour imminent de l’orthodoxie financière. C’est le droit légitime de l’Allemagne.

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Written by Stephanie

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