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« Face aux dysfonctionnements, il est temps de tout remettre à plat »


Le RER B a battu des records d’irrégularité en août avec 73 % d’indice de régularité. Pannes de signalisation, problèmes matériels, personnel manquant… se sont ajoutés aux dysfonctionnements habituels et à la surcharge de la ligne. Le RER D n’est pas en reste, avec des retards et incidents réguliers.

On a vu aussi cet été des suppressions de train sur le RER C, sur les autres lignes du Transilien et sur les bus, par manque de personnel ou par mesure d’économies. En effet, l’offre de transport n’est toujours pas revenue à son niveau d’avant la crise du Covid-19. Il n’est pas rare d’avoir un train par heure, ou un métro toutes les vingt minutes.

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Les dysfonctionnements sont tels que les associations ont sonné l’alarme : les usagers sont au bord de la crise de nerfs. Et pourtant, à l’heure de la crise climatique et de l’inflation, l’offre de transports en commun peu chère et peu polluante doit plus que jamais être une priorité de nos politiques publiques.

Vision ultra-comptable

Hélas, la région Ile-de-France, dirigée par Valérie Pécresse (Les Républicains), manque à tous ses devoirs et à toutes ses promesses de « révolution des transports ». Tous les chantiers concourant à améliorer les transports existants dysfonctionnent, sont retardés et/ou ont des surcoûts difficilement surmontables. Eole, NexTEO, tramway 12, nouvelles rames RER… Le dernier conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) a montré que tous ces projets étaient en souffrance.

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La SNCF – notamment SNCF Réseau – est en très grande partie responsable de ce fiasco, tout comme Alstom, incapable de tenir les délais et les coûts annoncés.

La SNCF peut se dégager de tout engagement de service public ; c’est le gouvernement d’Edouard Philippe qui a décidé d’en faire une société anonyme, et c’est encore l’Etat qui lui demande de ne plus avoir de déficits, au nom de la sacro-sainte règle d’or ! Or, cette vision ultra-comptable oublie que des rails et des tunnels bien entretenus, ce n’est pas de la dette, c’est surtout un patrimoine public, un investissement pour le futur.

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Valérie Pecresse et la majorité de droite à la région s’empressent de mettre en haut des priorités la privatisation des transports en Ile-de-France. Il y a quand même plus urgent, d’autant que pour faire face à la pénurie de chauffeurs et de conducteurs et attirer de nouvelles recrues, il ne faudra pas mégoter sur leur statut. Ce n’est vraiment pas le moment d’allumer la mèche sociale !

De fortes hausses des coûts de fonctionnement

La Cour des comptes a elle aussi alerté sur les finances des transports publics en Ile-de-France. Incapable de surmonter la baisse de fréquentation, l’arrivée de nouvelles lignes de RER, métro et de tram laisse présager de fortes hausses de coûts de fonctionnement, sans qu’à aucun moment on envisage de nouvelles ressources pérennes. Sans parler de la crise énergétique qui va toucher durement les dépenses de carburant et d’électricité des transports en commun.

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Written by Stephanie

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