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Sur Twitter, une armée de bots propulse au sommet le sujet de la pénurie de carburants



Si des dizaines de messages très relayés sont tout à fait authentiques, un afflux continu de publications maintient le mot-clé en tête des tendances.

Si vous utilisez Twitter, il est possible que vous ayez vu apparaître des publications contenant le mot-clé #penuriecarburant. Et pour cause, d’après les données de Visibrain collectées par Tech&Co, plus 100.000 tweets ont évoqué le sujet depuis le 7 octobre. De nombreux messages, notamment les plus relayés, ont été mis en ligne par des comptes authentiques. Mais dans le même temps, des milliers de faux comptes ont été créés dans le but de mettre en lumière ce mot-clé.

Sur le réseau social, plusieurs spécialistes ont vu apparaître ce 10 octobre une nuée de tweets sur le même modèle, faisant apparaître une phrase aléatoire en anglais, accolée au mot-clé #penuriecarburant. Tous ces messages émanent de comptes qui semblent créés pour l’occasion, avec aucun abonnement ni abonné, des noms anglophones et des photos de profil, là encore sur un modèle commun: un fond dégradé de couleur agrémenté de quelques emojis.

Florent Lefebvre, spécialiste de l’analyse des données sur les réseaux sociaux, a analysé un échantillon de ces publications, entre 21h et 22h ce 10 octobre. Au total, 2744 tweets ont utilisé le hashtag #penuriecarburant sur cette période. Dans 61% des cas, ils émanaient de comptes soupçonnés d’être robotisés. Sur l’illustration ci-dessous, les points blancs représentent autant de comptes ayant utilisé le mot-clé, mais n’ayant aucun abonnement ou abonné.

Auprès de Tech&Co, Florent Lefebvre assure avoir lancé une nouvelle analyse ce 11 octobre, alors que le flux de faux messages liés à la pénurie de carburant ne s’est pas interrompu.

Pour les organisateurs d’une telle opération de manipulation de l’information, le succès est au rendez-vous: ce 11 octobre, Twitter choisit toujours d’afficher en première place de ces tendances le mot-clé #penuriecarburant, renvoyant les internautes vers les messages les plus relayés, émanant bien souvent d’opposants (de gauche comme de droite) au gouvernement.

S’il est impossible de déterminer la paternité de cette opération, cette dernière a pour but de “maintenir la tension sur le sujet, inciter des gens à commenter le sujet” et “inciter la presse à en parler”, analyse Éric Freyssinet, directeur scientifique à la gendarmerie nationale.



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Written by Germain

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