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En Europe, le Covid-19 a entraîné une baisse de l’espérance de vie sans précédent depuis soixante-dix ans


Si tous les pays ont connu une perte de leur espérance de vie pendant la pandémie, la tendance est beaucoup plus marquée dans l’est et le centre de l’Europe.

La pandémie de Covid-19 a provoqué une baisse de l’espérance de vie sans précédent depuis la seconde guerre mondiale en Europe de l’Ouest. Dans une étude parue lundi 17 octobre dans la revue Nature Human Behaviour, des démographes du Centre Leverhulme pour les sciences démographiques, à Oxford (Royaume-Uni), et de l’Institut Max-Planck pour la recherche démographique, à Rostock (Allemagne), ont analysé les évolutions de cet indicateur entre 2019 et 2021 dans vingt-sept pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis et au Chili.

Si tous les pays ont connu une perte de leur espérance de vie pendant la pandémie, la tendance est beaucoup plus marquée dans l’est et le centre de l’Europe. Les baisses les plus marquées sont observées en Bulgarie, qui perd au total 3,5 années d’espérance de vie sur deux ans, suivie par la Pologne, avec 2,8 ans. De l’autre côté de l’Atlantique, les Etats-Unis arrivent en troisième position (− 2,4 ans, selon cette étude). Seule la Norvège sort de la période avec une augmentation nette entre 2019 et 2021, avec près de deux mois d’espérance de vie supplémentaires, un léger gain notamment permis par une campagne de vaccination précoce et un système de santé plus performant.

« En réalité, les pertes d’espérance de vie sont encore plus fortes que ce que montrent les auteurs de l’étude car, sans le Covid-19, on se serait attendu à ce que les niveaux d’espérance de vie augmentent un peu partout en 2020 et en 2021 », souligne Carlo Giovanni Camarda, directeur de recherche au sein de l’Institut national d’études démographiques, qui n’a pas participé à l’étude. Par ailleurs, de nombreux pays manquent de données fiables et n’ont pas pu être pris en compte dans l’étude, comme le Brésil et le Mexique. « En 2020, les pertes d’espérance de vie subies par [ces deux pays] ont dépassé celles enregistrées aux Etats-Unis, de sorte qu’il est probable qu’ils aient continué à subir des impacts sur la mortalité en 2021, et même potentiellement dépassé les 43 mois de perte que nous avons estimés pour la Bulgarie », explique José Manuel Aburto, de l’université d’Oxford, co-auteur de l’étude.

Quelques rebonds vers les niveaux prépandémiques

L’espérance de vie est un instantané des conditions de mortalité actuelles, si elles devaient se poursuivre sans amélioration ni détérioration. Elle est calculée sur la base de tous les décès intervenus en une année, toutes causes confondues ; elle ne dépend donc pas de l’exactitude de l’enregistrement des décès liés au Covid-19, qui peut manquer de rigueur et varier selon les pays. Elle permet ainsi de donner une image plus large de l’impact de la pandémie sur la mortalité et facilite les comparaisons entre pays et avec d’anciennes catastrophes.

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Written by Stephanie

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