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« Le gaz naturel liquéfié est devenu stratégique pour les Européens »


Au moins les choses sont-elles claires au Qatar. Saad Sherida Al-Kaabi est à la fois le ministre de l’énergie et le PDG de Qatar Energy. C’est à ce titre qu’il a signé, samedi 24 septembre, un accord d’envergure avec Patrick Pouyanné qui, à défaut d’être ministre, est le patron de TotalEnergies, et tient lieu, dans la tête de ses interlocuteurs du Golfe, de représentant des intérêts français.

Son groupe va investir 1,5 milliard de dollars (1,55 milliard d’euros) dans le champ gazier North Field South (NFS) pour prendre 9,4 % de la coentreprise, dont le Qatar détiendra 75 %. D’autres partenaires seront conviés au capital, mais TotalEnergies est le premier d’entre eux.

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Il entretient des relations étroites avec ce petit émirat qui est, à lui seul, le quatrième producteur mondial de gaz et, surtout, le premier dans le gaz naturel liquéfié (GNL). Ce procédé, qui permet de transporter du gaz n’importe où par bateaux, est devenu stratégique pour les Européens depuis que les Russes ont fermé le robinet de Nord Stream 1, leur principal gazoduc arrivant en Allemagne par la Baltique.

Realpolitik

Cette ruée vers le GNL, TotalEnergies l’a anticipée il y a plusieurs années, à tel point qu’il prévoit que cette activité devrait représenter 50 % de ses ventes à l’horizon 2030. C’est pourquoi il avait été également l’un des premiers investisseurs dans l’attribution du champ North Field East, en juin. Deux milliards de dollars d’investissement dans ce gisement, dont la capacité de production est évaluée à 32 millions de tonnes par an, soit deux fois celle de son cousin NFS. L’ensemble North Field, partagé avec l’Iran, est actuellement le plus grand gisement de gaz de la planète.

Ces deux bonnes nouvelles, à trois mois d’écart, ne changeront rien à nos contraintes hivernales immédiates puisque les livraisons n’interviendront qu’à partir de 2025. Il n’empêche : cela a dû rafraîchir un peu l’atmosphère pour Patrick Pouyanné qui, non content d’essuyer les critiques continues des écologistes, a aussi dû faire face à la colère des députés de gauche, qui entendent taxer ses superprofits. Sans parler de sa présence controversée dans l’Arctique russe. De son côté, le Qatar est accusé de maltraitance et de crime écologique avec la Coupe du monde de football, qui débutera le 20 novembre dans des stades climatisés à ciel ouvert.

Les deux partenaires du jour ont beau expliquer que l’exploitation du gaz fera l’objet d’une capture du CO2, ils n’apaiseront pas les critiques, qui estiment que le français abandonne un diable pour se livrer à un autre. La realpolitik énergétique, partie intégrante du métier depuis ses origines, a ses raisons que la raison européenne préfère ignorer.

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Written by Stephanie

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