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Deux méga projets pétroliers de TotalEnergies en Ouganda dénoncés par le Parlement européen


Un troupeau d’antilopes dans le parc national de Murchison Falls, en Ouganda, en février 2020. TotalEnergies prévoit d’y forer quatre cents puits pour exploiter du pétrole.

« Violations des droits de l’homme », « actes d’intimidation », « harcèlements judiciaires », « immenses risques et incidences » sur les communautés locales, l’environnement et le climat. Jeudi 15 septembre, réuni en séance plénière, le Parlement européen a voté, par une large majorité, une résolution d’urgence, dénonçant les conséquences de mégaprojets pétroliers en Ouganda et en Tanzanie, et tout particulièrement ceux de la multinationale française TotalEnergies, Tilenga et Eacop.

Avec le premier, le groupe pétrolier entend exploiter l’or noir qui dort sous le lac Albert, dans l’ouest de l’Ouganda. Plus de quatre cents puits doivent être forés à partir de décembre, dont 132 dans la zone naturelle protégée des Murchison Falls. La production de Tilenga (190 000 barils par jour), ainsi que celle d’une autre zone opérée par le géant pétrolier chinois CNOOC seront exportées jusqu’en Tanzanie par un oléoduc enterré de 1 445 kilomètres de long, baptisé East African Crude Oil Pipeline (Eacop). Il s’agira du plus long pipeline chauffé (à plus de 50 °C) au monde. Au total, ces deux projets représentent un investissement de 10 milliards de dollars et la mise en production est prévue en 2025 pour une durée de vingt-cinq ans.

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Le Parlement européen demande l’arrêt des forages dans les zones « protégées et sensibles », ainsi que le report des travaux d’Eacop, pendant un an, pour « étudier la faisabilité d’un tracé alternatif » permettant de préserver l’environnement et d’« envisager d’autres projets reposant sur les énergies renouvelables ». Les eurodéputés demandent également l’arrêt des violations des droits humains, et notamment la libération « immédiate » des défenseurs des droits de l’homme arrêtés de « manière arbitraire ». Et ils appellent à indemniser, « rapidement, de manière juste et suffisante », les personnes expropriées ou privées d’accès à leurs terres par le projet Eacop.

Expropriés en attente d’indemnisation

Le texte de la résolution, non contraignante mais à la portée politique, reprend les conclusions de différentes expertises indépendantes. Il décrit un danger pour l’environnement et pour les ressources en eau, avec des inévitables « déversements de pétrole », avec des risques en particulier pour les installations offshore d’Eacop, qui seront construites « dans une zone très exposée au risque de tsunami ». Il rappelle également que les deux projets pourraient émettre jusqu’à 34 millions de tonnes de CO2 par an, soit plus de trente fois les émissions annuelles actuelles de l’Ouganda et de la Tanzanie réunis.

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