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Changements climatiques: des automnes de moins en moins colorés à venir au Québec?



Si le réchauffement climatique peut affecter la colorisation des feuilles à l’automne, le Québec peut compter sur la saison des couleurs pour embellir ses paysages pour encore plusieurs années. Mais ça pourrait ne pas être pour bien longtemps encore, prévient un expert. 

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Il faut savoir que le changement de couleurs des feuilles est davantage dû à la photopériode, c’est-à-dire à l’écourtement des journées qui survient à l’automne, explique Michel Labrecque, chef de division recherche et développement scientifique du Jardin botanique de Montréal.  

La réduction du temps de soleil enclenche la sénescence, qui fait en sorte que les feuilles tombent et que la production de chlorophylle cesse. La température, qui peut être influencée par les changements climatiques, joue un certain rôle dans ce processus, mais il n’est pas aussi considérable. 


JOEL LEMAY/AGENCE QMI

«Si on avait un automne très, très sec, sans pluie, ça pourrait arriver que les coloris soient moins spectaculaires parce que, souvent, [les feuilles] vont tomber avant de changer de couleurs», croit Michel Labrecque, chef de division recherche et développement scientifique du Jardin botanique de Montréal.  

Ce n’est pas du tout le cas cette année au Québec, où la situation est «presque idéale», insiste-t-il. L’abondance de pluie cet été et les quelques journées plus douces et chaudes du début de l’automne forment le cocktail de rêve pour avoir des arbres bien colorés en octobre. «Le spectacle est à son comble et il est magnifique.» 

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Moins de chance au Québec 

Comme les climatologues prévoient que le Québec sera affecté par les changements climatiques avec des tempêtes ainsi que températures vacillantes en hiver, plutôt que de la sécheresse, les paysages d’automne ne seraient pas affectés avant de nombreuses années, estime-t-il.  

«Si le climat se réchauffait et faisait en sorte qu’il y avait de plus en plus des étés chauds et longs, probablement que ça pourrait affecter le spectacle des couleurs magnifiques qu’on observe dans les arbres des forêts québécoises et du nord-est de l’Amérique du Nord», explique l’expert.  


Joël Lemay / Agence QMI

Des périodes de sécheresses et de chaleurs prolongées vers la fin de l’été pourraient causer un stress sur les arbres ainsi qu’une chute prématurée des feuilles, précise Michel Labrecque. 

C’est d’ailleurs ce qui est arrivé en France cet été. Les canicules qui s’y sont succédées ont justement fait en sorte que les feuilles, asséchées par la chaleur, sont tombées hâtivement. 

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Des risques à long terme 

Même si Michel Labrecque ne prédit aucun changement significatif pour les 20 prochaines années, les risques à long terme ne sont pas négligeables. «À plus long terme, si la tendance est maintenue, ça risque d’être beaucoup moins joli dans nos forêts». 

«Probablement que, graduellement, ça risque d’être moins spectaculaire parce qu’il y aura des sécheresses, des conditions plus stressantes pour les forêts. Il faut profiter du spectacle parce qu’il est beau, mais il n’y a rien qui dit que dans 50 ans ça va être aussi extraordinaire», prévient-il. 


Photo d’Archives Agence QMI

D’ici là, certaines années seront spectaculaires, comme c’est le cas en ce moment, alors que d’autres le seront moins, explique-t-il.  

Au-delà de la chute hâtive des feuilles, les variations de climat comme celles auxquelles on peut s’attendre au Québec en raison des changements climatiques vont fragiliser les arbres et augmenter leurs risques de maladies, s’inquiète Michel Labrecque. «Les forêts ne vont pas disparaître, mais il y aura plus de mortalité.» 

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