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Voyage géologique en Islande avec le volcanologue Jacques-Marie Bardintzeff



Depuis des années, le volcanologue Jacques-Marie Bardintzeff participe en tant que conseiller scientifique et pédagogique à des séjours géologiques organisés par l’agence « 80 Jours Voyages », en compagnie notamment du guide Sylvain Chermette. Futura est partenaire de l’agence et présente régulièrement des extraits de petits documentaires qui accompagnent le séjour présenté dans une vidéo. Aujourd’hui, il s’agit d’un voyage en Islande !

Maurice et Katia Krafft, hélas disparus, avaient pour habitude de dire que l’Islande était le « Paradis des volcanologues ». Il faut dire que ces dernières années ont été particulièrement riches en éruptions spectaculaires. Mais comme le montre Jacques-Marie Bardintzeff dans une série de vidéos et sur son blog, mis à sa disposition par Futura, l’Islande garde les traces d’activités volcaniques encore plus spectaculaires.

On peut ainsi rappeler ce qui s’est passé du 8 juin 1783 au 7 février 1784 et qui est connu internationalement dans le monde de la volcanologie comme l’éruption de Laki en référence au mont Laki, une montagne d’origine volcanique qui n’est pas réellement entrée en éruption pendant cette période et qui a vu une fissure de 27 kilomètres de long déchirer le paysage des hautes terres du sud-est de l’Islande. C’est l’une des plus importantes éruptions laviqueséruptions laviques des temps historiques.

Il en a résulté une rangée de 115 cratères (aujourd’hui connus comme les Lakagígar, littéralement « les cratères du Laki ») qui émirent plus 14 km3 de lave basaltiquebasaltique avec des coulées de soixante kilomètres de long qui recouvrirent une surface de 565 kmet des fontaines de lavelave dont on estime qu’elles atteignaient des hauteurs de 800 à 1 400 mètres.

Une éruption, cause de la Révolution française ?

Mais la conséquence la plus grave de cette éruption connue des Islandais sous le nom de Skaftáreldar (« feux de la Skaftá ») et qu’elle s’est accompagnée d’émissionsémissions massives de gazgaz, surtout de l’acideacide fluorhydrique (8 millions de tonnes) et du dioxyde de soufresoufre (120 millions de tonnes). Ces gaz, en particulier celui à base de fluorfluor, ont d’abord empoisonné les champs, les étangs et les prairies de sorte qu’une importante part du bétail et du poisson qui constituait la base de l’alimentation des Islandais a péri. En conséquence de quoi, environ 25 % de la population islandaise allait mourir à son tour de faim, de malnutrition ou de maladie dans les années qui suivirent.

Les gaz et les cendres furent également emportés par les ventsvents jusqu’en Europe et en haute altitude jusqu’à 15 km. Il en a résulté une baisse des températures et donc des rendements des récoltes dans l’hémisphère nordhémisphère nord dont certains se demandent si cela n’a pas été à l’origine de la Révolution française. Ce qui est certain c’est que l’on constate également au moment de l’éruption une augmentation de la mortalité en Europe, notamment au Royaume-Uni.

Elle semble associée à la présence relatée d’un « brouillardbrouillard sec », dont on pense aujourd’hui qu’il était principalement dû au dioxyde de soufre, causant probablement des décès chez les personnes souffrant de problèmes respiratoires ou cardiaques préexistants.

Nous voici maintenant dans l’une des plus grande fissures éruptives connues sur Terre (75 km), non loin des Lakagígar. Elle a été nommée Eldgjá en islandais, c’est-à-dire « la gorge de feu ». L’éruption qui l’a formée à partir de 934 et qui semble avoir duré six ans aurait ainsi produit près de 20 km3 de lave  et 1,3 km3 de Tephra, sans oublier bien sûr des émissions colossales de gaz. La rivière Norðari-Ófæra y forme une impressionnante cascade du nom de Ófærufoss. © 80joursvoyages

L’Islande est une terre de feu… et de glace comme le montrent ces images du Kverkfjöll, une montagne volcanique des Hautes Terres d’Islande, située au bord nord-est du glacier Vatnajökull. Sous ce volcan, il y a un réservoir de magma très grand et des remontées de lave y ont fait fondre de l’eau provoquant les jökulhlaups, des écoulements violents et destructeurs en surface par vidange brutale d’un lac glaciaire en lien avec une éruption volcanique, mais aussi des grottes qui sont creusées dans la glace par des rivières d’eau tiède où l’on peut se baigner. © 80joursvoyages

Partez à la découverte des volcans actifs avec 80 Jours Voyages. Islande, Éthiopie, Indonésie, Argentine, Chili, nous vous proposons des voyages à la carte et des voyages accompagnés par des spécialistes et des scientifiques dans les domaines de la géologie et de la volcanologie. © 80 Jours Voyages

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Written by Stephanie

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